Burn-out: L'utilisation du complément alimentaire Anbosyn fait débat

DÉPRIME LIÉE AU TRAVAIL Véritable succès en pharmacie, l'Anbosyn pose question sur son efficacité à long terme et sur les risques de consommation abusive...

20 Minutes avec agence

— 

Illustration sur le stress et la dépression au travail.
Illustration sur le stress et la dépression au travail. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Mis au point au CHU de Bordeaux, l'Anbosyn connaît aujourd'hui un véritable succès en pharmacie, au point que de nombreuses officines sont, depuis le début de sa commercialisation en janvier dernier, en rupture de stock.

Il faut dire que ce complément alimentaire soigne un mal qui touche de plus en plus de Français: le burn-out ou la déprime liée au travail. Au moins trois millions et demi de travailleurs en seraient aujourd'hui victimes. Autant de personnes susceptibles de suivre un traitement à l'Anbosyn, produit constitué de quatre actifs naturels, selon Top Santé: de l'éleuthérocoque aux vertus calmantes ; de la taurine, énergisante ; de l'extrait de melon et une protéine du lait.

Une image de «potion magique», forcément trompeuse

Mais s'agit-il là du traitement adéquat pour tout malade? La question fait débat, tant sa consommation massive confère aujourd'hui au produit une image de «potion magique», forcément trompeuse. Certains seraient ainsi tentés de l'utiliser plutôt que de prendre du repos, d'autres de faire appel à l'Anbosyn sans avoir recours au moindre accompagnement psychologique.

Le burn-out toucherait près de 2 salariés sur 10

Or les résultats élogieux des tests scientifiques opérés sur le complément alimentaire (amélioration de l'état général dans 76% des cas, réduction de 30 à 40% des effets du burn-out sur le moral, l'humeur et le sommeil), ont été obtenus auprès de patients qui suivaient tous, en parallèle, une psychothérapie. Interrogé par Europe 1, le psychologue Christophe Bagot reste, lui, sceptique sur les effets bénéfiques de l'Anbosyn à long terme. «Il permet peut-être de remettre des gens sur pied, quelque temps, mais ça ne les empêchera pas de rechuter plus tard», estime le spécialiste, qui craint de possibles rechutes en cas de traitement suivi sans prise en charge psychologique.