Accro aux jeux d'argent, elle poursuit son médecin en justice

JUSTICE Selon elle, le neurologue lui aurait prescrit un médicament stimulant l’addiction…

20 Minutes avec agences

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Le produit brut des jeux (PBJ, différence entre les mises des joueurs et leurs gains) des casinos français a enregistré une baisse de 2,6% à 2,123 milliards d'euros sur l'exercice 2013-2014
Le produit brut des jeux (PBJ, différence entre les mises des joueurs et leurs gains) des casinos français a enregistré une baisse de 2,6% à 2,123 milliards d'euros sur l'exercice 2013-2014 — Lionel Bonaventure AFP

Une femme accuse son neurologue d’être responsable de son addiction aux jeux. Le procès de cette histoire hors norme a débuté, ce lundi, au tribunal de Grande Instance de Rouen et devrait s’achever dans trois semaines en répondant à cette question: le neurologue a-t-il ou non suffisamment alerté et suivi sa patiente à qui il avait prescrit, à haute dose, un traitement à base de Sifrol?

Utilisé notamment contre la maladie de Parkinson et le syndrome des jambes sans repos, le Sifrol est un médicament comptant parmi ses effets non souhaités de possibles troubles comportementaux, tels que l'impulsion forte à jouer de l'argent.

Casinos, vols et tentatives de suicide

Si cet effet secondaire est aujourd’hui largement connue, il n’en était pas de même entre 2008 et 2011, période au cours de laquelle la plaignante, Brigitte Morue, soignée pour son syndrome des jambes sans repos, a souffert de ludopathie et n’a eu cesse d’écumer les casinos, de voler ses proches et son employeur, avant d’effectuer deux tentatives de suicide.

Endettée, Brigitte Morue estime ne pas avoir été suffisamment conseillée par son neurologue, ce à quoi ce dernier se défend en rappelant que c’était à son médecin traitant de réaliser ce suivi. Brigitte Morue réclame 250.000 euros pour préjudice financier et moral.