Taux de césariennes: La France en dessous de la moyenne européenne

ETUDE Selon un médecin français, le recours exagéré à la chirurgie peut masquer une formation insuffisante des obstétriciens à des gestes techniques...

20 Minutes avec agence

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Les services sociaux britanniques ont fait subir de force une césarienne à une femme, une Italienne qui séjournait en Angleterre, pour lui retirer son bébé en arguant de ses troubles psychiatriques, a rapporté dimanche le Daily Telegraph.
Les services sociaux britanniques ont fait subir de force une césarienne à une femme, une Italienne qui séjournait en Angleterre, pour lui retirer son bébé en arguant de ses troubles psychiatriques, a rapporté dimanche le Daily Telegraph. — Mychele Daniau AFP

Selon un récent bilan, publié dans le journal des obstétriciens britanniques (BJOG) et relayé par Le Figaro, la France ferait figure de bon élève dans la réduction du taux de naissance par césarienne. L'Hexagone situerait même en dessous de la moyenne européenne avec 21% (1) de césariennes, qu'elles soient programmées ou réalisées en urgence.

Trop de césariennes injustifiées ?

A partir des données du dernier rapport Euro-Peristat (2010), des chercheurs de la City University de Londres, qui ont analysé la fréquence du recours à la césarienne lors d'un accouchement affirment que, la France fait beaucoup mieux que l'Italie et ses 38 % ou que Chypre, dernière du peloton avec 52,2% de césariennes. Même si elle reste encore loin derrière l'Islande (14,8 %).

Différences entre les systèmes de santé

«Plus le secteur privé pèse lourd, plus il y a de césariennes, car cela peut paraître plus simple», estime, Béatrice Blondel, chercheuse à l'Inserm interrogée par L'Obs et selon qui, les disparités entre pays européens sont liées aux différences entre les systèmes de santé. «Il est ainsi plus aisé de demander à trois maternités de Reykjavik (Islande) de pratiquer moins de césariennes, que de gérer les accouchements du nord au sud de l'Italie!»

«Ces disparités ne peuvent pas s'expliquer par le profil des patientes, car il n'y a pas plus de naissances pathologiques en Italie qu'en France, alors que le taux de césariennes y est presque deux fois plus élevé», ajoute le professeur Philippe Deruelle (CHRU de Lille), cité par le Journal des femmes.

 

Haro sur les actes chirurgicaux inutiles

Un professeur qui n'hésite pas à affirmer que ce bilan montre qu'il est aujourd'hui préférable d'accoucher en Norvège ou en Suède plutôt qu'en Allemagne, en Italie ou au Portugal. Car, selon lui, le recours «exagéré à la chirurgie peut masquer une formation insuffisante des obstétriciens» à des gestes techniques, tels que l'accouchement par voie basse d'un bébé en siège ou de jumeaux. 

(1) Pendant les années 1990, le taux de césarienne a bondi en France, passant de 14% en 1991 à 18% en 2001, puis 20,9% en 2009, avant de relativement se stabiliser.