Glaucome: «Cette affection peut aboutir à la cécité, au noir complet»

OPHTALMOLOGIE Toute la semaine, un bus installé sur la place de la République à Paris propose un dépistage gratuit de la maladie...

Anissa Boumediene

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A bord du Bus du glaucome, un médecin ophtalmologue et une orthoptiste assurent les consultations de dépistage.
A bord du Bus du glaucome, un médecin ophtalmologue et une orthoptiste assurent les consultations de dépistage. — A.BOUMEDIENE / 20 Minutes

Le mot fait peur, il est même associé, à tort, au cancer, mais peu de gens savent vraiment ce qu'est le glaucome. Pourtant, cette maladie oculaire dégénérative, qui touche un million de personnes en France, est la deuxième cause de cécité dans en Europe. A l'occasion de la Semaine mondiale du glaucome qui débute ce lundi, le Bus du glaucome a pris ses quartiers jusqu'au 14 mars à Paris pour proposer aux particuliers un dépistage gratuit*.

Le Bus du glaucome propose des dépistages gratuits à Paris du 9 au 14 mars 2015. - A.BOUMEDIENE / 20 Minutes

Deux minutes

Dehors, aux pieds du monument de la place de la Républiquequelques passants s'arrêtent, curieux, le temps de glaner quelques informations, voire de prendre un rendez-vous. A l'intérieur, dans la petite salle d'attente du bus, une dizaine de personnes patientent. Mais l'attente ne sera pas longue, l'examen ne prend que deux à trois minutes. «On n'a pas besoin de plus longtemps, ce dépistage permet de repérer les personnes à risques», expliquent le Dr Stéphanie Zwillinger, médecin ophtalmologue aux Quinze-Vingts à Paris, et Naziha Nassibi, orthoptiste de l'Unadev (Union nationale des aveugles et des déficients visuels), chargées des opérations.

Dans la salle d'examen, l'espace est restreint, mais tout l'équipement nécessaire au dépistage est là. Et la mécanique est bien rodée: le duo se charge d'abord de mesurer l'épaisseur de la cornée, puis de prendre la tension de chaque œil, avant de prendre une photo de la rétine.

A bord du Bus du glaucome, un médecin ophtalmologue et une orthoptiste assurent les consultations de dépistage. - A.BOUMEDIENE / 20 Minutes

 

Place ensuite à quelques questions rapides sur les antécédents familiaux et les éventuels traitements oculaires suivis. De quoi détecter les cas suspects. Pour une première patiente, un suivi annuel chez son ophtalmologue est préconisé. Pour celle d'après, chez qui un glaucome est suspecté, une consultation dans de brefs délais est vivement conseillée. «Si on a un cas suspect, on l'adresse à son ophtalmologue pour des examens complémentaires», indique Stéphanie Zwillinger.

Un suivi capital

«Les glaucomateux ne se rendent pas forcément compte de leur maladie, qui ne provoque pas de perte d'acuité visuelle. Certains ont dix dixièmes, voient bien au centre, mais ne se rendent pas comptent que leur vision périphérique a rétréci. Ils pensent pouvoir conduire parce qu'ils voient bien la route devant eux, mais ils ne voient pas l'enfant qui traverse», schématise le Dr Zwillinger.

Méconnu et asymptomatique au début, le glaucome est trop souvent diagnostiqué tardivement, lorsqu'il a déjà causé des dégâts irréversibles sur la vision. «Cette affection, dans les cas les plus graves, peut aboutir à la cécité, au noir complet», avertit le Pr Philippe Denis, président de la Société française du glaucome. D'où l'importance de se faire diagnostiquer au plus tôt, et que les traitements peuvent stabiliser la progression de la maladie. «Un suivi régulier dès 40 ans est capital», annonce entre deux consultations Stéphanie Zwillinger. «Chez un ophtalmo», insiste-t-elle, seul capable de détecter le glaucome.

Chaque année, le Bus du glaucome, qui sillonne les grandes villes de France, dépiste environ 5.000 personnes.

*Dans la limite des places disponibles. Prendre rendez-vous au numéro suivant: 07.77.39.64.97. Plus d'informations sur www.unadev.com.