Maladies infectieuses: L'OMS milite pour les seringues à injection unique

SOCIETE En 2014, près de 33.800 personnes ont été contaminées par le VIH à la suite d'une injection à risque...

Marion Pignot

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Une élève infirmière à l'hôpital d'Angers le 25 octobre 2013
Une élève infirmière à l'hôpital d'Angers le 25 octobre 2013 — Jean-Sebastien Evrard AFP

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) veut voir se généraliser l'utilisation de seringues à injection unique et ce, dans le but de lutter contre les contaminations de personnes par des maladies infectieuses fatales (lire en encadré).

L'OMS, qui a publié, ce lundi, ses nouvelles directives sur les injections, estime d'ailleurs que «des millions de personnes pourraient être protégées contre les infections transmises par des injections à risque si tous les programmes de soins de santé utilisaient des seringues à usage unique».

16 milliards d'injections effectuées chaque année

«Il faut non seulement utiliser les seringues à usage unique mais aussi réduire le nombre de piqûres superflues, pour réduire le risque d'infection», précise l'OMS dans son rapport. Et l'Organisation de rappeler qu'en 2014, près de 1,7 million de personnes ont été contaminées par le virus de l'hépatite B, jusqu'à 315.000 par le virus de l'hépatite C et 33.800 par le VIH à la suite d'une injection à risque. 

Et chaque année, 16 milliards d'injections sont effectuées. Environ 90% de ces injections sont vouées à l'administration de médicaments, 5% sont des vaccins, et les 5% restants sont destinées à d'autres actes comme des transfusions de sang. Or il s'avère que dans bien des cas, écrit l'OMS, «les injections médicamenteuses ne sont pas nécessaires» et pourraient être remplacées par des cachets.

Des injections pas nécessaires

Selon le Dr Edward Kelley, directeur du département prestation de services et sécurité de l'OMS, «les patients s'attendent à ce qu'on leur fasse une injection et croient que c'est le traitement le plus efficace». De même, pour des infirmiers des pays en développement, «faire des injections à une clientèle privée est un moyen de compléter un salaire parfois insuffisant pour faire vivre leur famille».

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«Il est absolument indispensable d'adopter des seringues sécurisées pour protéger les gens partout dans le monde contre le VIH, l'hépatite et d'autres maladies. Ce changement doit être une priorité urgente pour tous les pays», insiste, de son côté, le Dr Gottfried Hirnschall, directeur du département VIH/sida de l'OMS.

Trop chères seringues «intelligente»

Mais problème : les seringues non sécurisées coûtent entre 0,03 et 0,04 dollar quand elles sont achetées par un organisme des Nations unies pour un pays en développement, alors que les nouvelles seringues, dites «intelligentes», coûtent, elles, au moins le double...

En 2007, un médecin du Nevada (Etats-Unis), avait été à l'origine d'une flambée d'hépatite C. Il avait injecté un anesthésiant à un patient atteint d'hépatite C, et avait ensuite utilisé la même seringue pour prélever des doses supplémentaires d'anesthésiant dans le même flacon, dès lors contaminé par le virus, pour faire des injections à plusieurs autres patients.