Lituanie: Une première "greffe" de bras bionique

MEDECINE Le jeune homme était atteint d'une malformation congénitale...

20 Minutes avec agences

— 

Une jeune femme américaine équipée d'un bras bionique peut pour la première fois contrôler sa prothèse juste par la pensée et "sentir" son bras, la chaleur ou une poignée de mains.
Une jeune femme américaine équipée d'un bras bionique peut pour la première fois contrôler sa prothèse juste par la pensée et "sentir" son bras, la chaleur ou une poignée de mains. — Win MacNamee AFP/Getty Images

Martynas Girulis est aujourd'hui le premier homme, non amputé, à pouvoir se servir d'un bras bionique contrôlé par son cerveau. Tendre le bras pour se verser un verre d'eau, saisir une fourchette: ces gestes simples sont désormais possibles pour ce lituanien de 21 ans, né avec de l'arthrogrypose, une maladie neuromusculaire interdisant aux bras tout mouvement de rotation et de flexion.

Mais Internet oblige, Martynas a découvert le service du professeur Aszmann, spécialisé dans la reconstruction bionique à l'université de médecine à Vienne. Trois ans et demi plus tard, soit ce 4 février, le jeune homme était opéré à Vienne. Une première.

Amputation et transplantation de nerfs

«Il est le premier patient souffrant d'une malformation congénitale à bénéficier d'une reconstruction bionique», confirme le docteur Oskar Aszmann, soulignant que, jusqu'à présent, les cas rapportés dans la presse spécialisée concernaient tous des amputés.

Spécialiste de la chirurgie nerveuse et des extrémités depuis vingt ans, le chirurgien autrichien a développé le concept de «reconstruction bionique» et procédé à une première opération en 2010. Et pour offrir à Martynas sa prothèse bionique, il aura fallu d'abord l'amputer de son membre droit inerte. Puis transplanter des nerfs au niveau de l'épaule. Restait alors à Martynas à muscler son épaule une année durant.

Remboursé par la sécu

«Commander ce bras, c'est comme commander un hélicoptère», explique aujourd'hui le jeune homme qui, il y a quelques mois encore, avait les deux bras constamment pliés aux coudes et totalement inertes. 

Un bras qui frôle toute de même les 90.000 euros mais dont le coût a été pris en charge à 80% par la caisse maladie de Lituanie. Alors depuis, Oskar Aszmann a déjà reçu d'autres demandes semblables à celle du jeune Lituanien.