Ménopause précoce: Les perturbateurs endocriniens mis en cause

ETUDE Les bouteilles en plastique des produits de beauté ou d'entretien dans le viseur...

20 Minutes avec agences

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Le bisphénol A est présent dans de nombreux plastiques alimentaires.
Le bisphénol A est présent dans de nombreux plastiques alimentaires. — SIPA

Les femmes présentant des niveaux élevés de substances chimiques contenues dans des plastiques, tels les produits de beauté et les produits d'entretien, seraient ménopausées 2 à 4 ans plus tôt que celles présentant des niveaux plus faibles. C'est ce que révèle une étude américaine qui s'est attachée à examiner les niveaux dans le sang et dans l'urine de 111 produits chimiques soupçonnés d'interférer avec la production naturelle et la distribution d'hormones dans l'organisme.

 

 

Plusieurs études, mais beaucoup plus limitée,s avaient déjà mis en lumière la relation entre des perturbateurs endocriniens et la ménopause, mais cette étude plus vaste, conduite entre 1999 à 2008 sur 1.442 Américaines ménopausées et publiée en ligne dans la revue scientifique américaine Plos One, est la première d'une telle ampleur à explorer la corrélation entre la ménopause et chacune de ces 111 substances chimiques.

Phtalates, pesticides, polychlorobiphényles

Quelque 15 produits ont été associés de manière significative à une ménopause précoce et à un déclin de l'activité ovarienne. Parmi eux, on trouve neuf polychlorobiphényles (PCB), trois pesticides, deux phtalates... Autant de produits utilisés dans les plastiques, détergents, produits pharmaceutiques, lotions, parfums, maquillage, vernis à ongles, savons liquides ou encore laques à cheveux.

Pour Dr Amber Cooper, professeur adjointe de gynécologie à la faculté de médecine de l'Université Washington à St Louis (Missouri), principal coauteur de l'étude, «la société devrait s'en inquiéter», sachant qu'un déclin de l'activité de l'ovaire peut non seulement affecter la fertilité mais aussi conduire notamment au développement précoce de maladies cardiovasculaires et d'ostéoporose.

«Il est souvent difficile d'éviter d'être exposé à ces produits chimiques car ils sont dans le sol, l'eau et l'air», relève toutefois le Dr Cooper. Et si la plupart de ces produits sont interdits aux Etats-Unis, ils sont encore utilisés ailleurs, notamment en France, et ont toujours des effets néfastes sur l'environnement. Forcément, la scientifique recommande de s'informer sur la composition des produits cosmétiques et ménagers.