Médicaments: Quand les malades pensent que prix élevé rime avec efficacité

ETUDE Selon des chercheurs américains on place beaucoup d'espoir dans un médicament parce qu'il est cher et cela des effets bénéfiques sur la guérison...

20 Minutes avec agence

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Plus de deux tiers des Français (77%) se déclarent prêts à acheter leurs médicaments sans ordonnance en parapharmacie, selon une étude Ipsos, réalisée pour les centres E. Leclerc
Plus de deux tiers des Français (77%) se déclarent prêts à acheter leurs médicaments sans ordonnance en parapharmacie, selon une étude Ipsos, réalisée pour les centres E. Leclerc — Joel Saget AFP

Qu'est ce que l'effet placebo ? Cet impact qu'aurait la croyance en un produit sur notre capacité à guérir. Si nous connaissons l'effet magique du «bisou guérisseur», ce que l'on savait moins, c'est que le prix des médicaments peut développer à lui seul cet effet.

L'équipe du Dr Alberto Espay, professeur en neurologie à l'université de Cincinnati (Ohio) a en effet rendu public, mercredi dans la revue Neurology, les résultats d'une expérience menée sur une douzaine de patients atteints de la maladie de Parkinson.  Une étude qui a révélé que ceux ayant suivi un traitement factice (une simple solution saline), au coût tout aussi factice mais au coût annoncé de 1.500 dollars la prise, ont amélioré leurs capacités motrices de 28% par rapport aux mesures de capacités initiales. Soit un résultat deux fois meilleur que celui enregistré sur les patients ayant suivi le traitement médicamenteux réel, au coût annoncé de 100 dollars!

Plus cher donc plus efficace

Ces patients qui ont enregistré de forts progrès moteurs ont par la suite concédé qu'ils avaient placé de très fortes croyances dans l'efficacité du médicament annoncé comme coûteux. «Il est probable que placer beaucoup d'espoir dans un médicament ait un effet libérateur de dopamine dans le cerveau», analyse le Dr Espay à l'issu de cette étude repérée par Top Santé. Et d'ajouter «or, pour traiter la maladie de Parkinson, nous agissons sur les neurotransmetteurs qui transmettent la dopamine au cerveau». 

L'équipe américaine tient là une piste pour améliorer le traitement de cette maladie, à la condition de trouver les méthodes permettant de maîtriser efficacement l'effet placebo.