Sativex: L'arrivée prochaine du médicament au cannabis relance le débat sur sa légalisation

FRANCE Le médicament devra être stocké dans les coffres forts des pharmacies...

20 Minutes avec agence

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Le médicament Sativex, à base de cannabis.
Le médicament Sativex, à base de cannabis. — DR

Le Sativex, spray buccal à base de cannabis, sera disponible dans les prochaines semaines dans les pharmacies. Voué à soulager la douleur des personnes atteintes de sclérose en plaques, ce produit, contenant du tétrahydrocannabinol (THC) à dose suffisamment faible pour ne pas présenter de «vertu récréative», devra toutefois être stocké dans les coffres-forts des pharmacies.

Frileuse sur ce dossier, la France officialise ainsi, en catimini, l'arrivée du cannabis thérapeutique sur son territoire, longtemps après ses voisins britanniques, espagnols ou allemands. Mais la mise en circulation du Sativex constitue malgré tout une belle opportunité pour la sénatrice écologiste Esther Benbassa, porteuse d'une proposition de loi destinée à autoriser l'usage et la vente contrôlés du cannabis, que le Sénat examinera le 4 février.

«Ayons le courage d'être pragmatiques»

«Le prohibitionnisme ne marche pas. La France est un pays qui compte entre un et deux millions de consommateurs de cannabis tout en ayant la législation la plus dure d'Europe, alors ayons le courage d'être pragmatiques», avance la sénatrice du Val-de-Marne qui préconise une vente de cannabis à des fins non thérapeutiques contrôlée par l'État et via des débitants, à l'instar du commerce du tabac, sans publicité ni vente aux mineurs. Il semble toutefois peu probable que le Sénat, repassé à droite en septembre, valide le contenu du texte proposé.

>> En savoir plus: Une députée PS préconise la légalisation du cannabis encadrée par l'Etat

 

Pour rappel, en France, comme dans les autres pays européens où il est autorisé, le Sativex pourra être utilisé «chez certains patients atteints de sclérose en plaques, pour soulager les contractures sévères, résistantes aux autres traitements».  Un traitement qui devra être initié par un neurologue ou un médecin rééducateur hospitalier mais l'ordonnance pourra ensuite être renouvelée par un généraliste avec une durée de validité limitée à 28 jours.