Illustration: le petit pied d'un bébé prématuré.
Illustration: le petit pied d'un bébé prématuré. — RAUL ARBOLEDA / AFP

ETUDE

Le taux de survie des prématurés en forte augmentation en France

Depuis 2011, des milliers d'enfants nés prématurés en France sont suivis par une équipe de l'Inserm...

Leur vie ne tient parfois qu’à un fil, mais celui-ci ne cesse de se renforcer. La prise en charge des enfants nés prématurés en France s’est fortement améliorée au cours des quinze dernières années, selon les résultats d’une vaste étude que les chercheurs de l’Inserm viennent de publier ce mercredi.

Sept mille naissances sur neuf mois

Pour mesurer la survie et la bonne santé des prématurés français, les chercheurs ont sorti les grands moyens: entre mars et décembre 2011, près de 7.000 naissances ont été étudiées dans 25 régions participantes. Objectif: comparer les résultats de cette étude, baptisée Epipage 2, avec ceux d’une précédente étude (Epipage 1, donc) menée en 1997, pour dresser un bilan de la prise en charge des prématurés en France.

Les naissances ont été séparées en trois catégories: le groupe A réunit les enfants nés avant la fin du 6e mois, le groupe B avant la fin du 7e mois, et le groupe C au début du 8e mois. Sans surprise, plus les enfants naissent tard, plus leurs chances de survie sans séquelles sont élevées. Dans le détail, 60% des enfants extrêmement prématurés (groupe A) ont survécu, dont 30% sans pathologie néonatale grave. Une proportion qui monte respectivement à 94% et 81% pour les grands prématurés (groupe B) et à 99% et 97% pour les modérément prématurés (groupe C).

De bons résultats, mais…

«Nous observons une importante augmentation du taux de survie chez les enfants d’Epipage 2, se félicite Pierre-Yves Ancel, responsable de l’équipe à l’origine de l’étude. Comparée à 1997, la  proportion des enfants ayant survécu sans morbidité sévère a augmenté de 14% pour les prématurés nés entre la 25e et la 29e semaine et de 6% pour les enfants nés entre 30 et 31 semaines» de grossesse.

A l’inverse, aucune amélioration significative n’est notée pour les très grands prématurés. Ce qui traduit selon l’étude «une grande incertitude sur la prise en charge à proposer» pour ces naissances. Le communiqué de présentation de l’étude suggère d’ailleurs que ces résultats «pourraient être l’occasion d’une réflexion sur la prise en charge des plus petits».

En attendant, l’étude Epipage 2 continue de suivre les enfants nés en 2011, et publiera de nouveaux résultats à l’occasion de leur 5e anniversaire.