Cœur artificiel: Le deuxième patient implanté est rentré chez lui

MEDECINE Le premier homme à recevoir la prothèse de Carmat était décédé au bout de 74 jours...  

20 Minutes avec AFP

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Trente jours après la première implantation du coeur artificiel Carmat chez un Français de 75 ans, il n'y a "aucun problème  de prothèse", ont assuré les médecins vendredi devant un parterre de spécialistes.
Trente jours après la première implantation du coeur artificiel Carmat chez un Français de 75 ans, il n'y a "aucun problème  de prothèse", ont assuré les médecins vendredi devant un parterre de spécialistes. — Franck Fife AFP

Le deuxième patient ayant reçu un cœur artificiel Carmat, implanté le 5 août à Nantes (Loire-Atlantique), est rentré chez lui début janvier et mène une «vie normale», annonce lundi dans Le Parisien - Aujourd'hui en France le Pr Alain Carpentier, concepteur de l'appareil.

Cet homme âgé de 68 ans «a pu quitter l'hôpital sans bruit le 2 janvier et retourner définitivement chez lui», explique le Pr Carpentier.

«Il nous a raconté être allé déjeuner sans aucune assistance technique chez son fils à 70 km de Nantes. N'est-ce pas la plus belle démonstration d'une vie normale?» ajoute le médecin, qui compare les suites opératoires à «celles d'une greffe cardiaque “ordinaire”».

Il fait du vélo d'appartement

Fin octobre, le Pr Carpentier avait indiqué que ce patient pouvait d'ores et déjà se déplacer seul et même faire du vélo d'appartement.

Le retour à la maison a été possible dès que le patient a pu «disposer d'une autonomie complète» et notamment «gérer lui-même» un «appareillage portable» de 3 kg comprenant les deux batteries d'approvisionnement en électricité du cœur artificiel et un boîtier de contrôle.

Des «ajustements»

Une première prothèse avait été implantée le 18 décembre 2013 à Paris sur un malade de 76 ans, Claude Dany qui avait succombé 74 jours plus tard à la suite de l'arrêt inopiné de la machine.

Selon le Pr Carpentier, «les causes de l'arrêt au 74e jour se sont révélées multifactorielles» et «une part des difficultés étaient liées à la condition même du malade: son âge, sa maladie plus avancée, sa vie menacée à quelques semaines» et «son état général, rénal en particulier, plus atteint que ce que nous pouvions supposer».

Pour la deuxième opération, «nous avons choisi un malade plus jeune, aux fonctions rénales et hépatiques encore peu atteintes, et avec une bonne fonction pulmonaire».

Quant à la prothèse, il a été «procédé à des ajustements».