Objets connectés: Des gadgets bons pour la santé?

BILAN CES 2015 De la tétine connectée au coach du dos numérique, le marché de l'e-santé cartonne même si les inventions sont encore rarement adoptées...

20 Minutes avec agences
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Le bracelet connecté Orbit fonctionne avec la vingtaine d'applications de sport de la marque Runtastic.
Le bracelet connecté Orbit fonctionne avec la vingtaine d'applications de sport de la marque Runtastic. — RUNTASTIC

 Des bracelets qui mesurent la graisse corporelle aux robots qui accompagnent les enfants dans leur chimiothérapie, les appareils promettant une vie plus saine ont grouillé au Salon d'électronique grand public international CES de Las Vegas.
 

 «Il n'y a jamais eu ici autant d'accessoires prêt-à-porter électroniques pour la santé», a indiqué Stephen Baker, analyste du cabinet NPD, leader mondial en étude de marché. «Il y a des tas de petites entreprises qui essayent de se faire une place sur un marché qui explose.»
Un coach du dos numérique
Parmi la multitude de bracelets proposant de mesurer son activité, son sommeil et même son humeur, Inbody est sorti du lot en allant jusqu'à quantifier la masse graisseuse de son utilisateur. Inbody a déjà conçu dans le passé des balances envoyant un très faible courant électrique à travers le corps pour analyser sa composition. D'après Brian Galman, elles sont utilisées par des équipes de sport professionnel, des centres médicaux, l'armée américaine, des clubs de gym haut de gamme, ou sur le campus de Google.
 

Des sociétés comme la californienne Neurosky ou la française Melomind mesurent pour leur part l'activité cérébrale avec l'ambition de réduire le stress. Quant à l'entreprise suisse Valedo Therapy, elle est venue présenter un coach du dos numérique. «Il y a un aspect médical et un aspect ludique», indique Robert MacKenzie de Valedo: des capteurs sur la poitrine et le dos de l'utilisateur envoient des signaux à un iPhone ou un iPad, et sont synchronisés avec des jeux vidéo conçus pour faire des exercices thérapeutiques.
Tout synchroniser aux smartphones
La société française Visiomed a, de son côté, tout misé sur ses thermomètres sans contact ThermoFlash, qu'on se contente de pointer vers la tempe d'une personne pour mesurer sa température, qui sont utilisés entre autres par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Otan dans la lutte contre Ebola.
Une version pour les particuliers, lancée cette semaine aux Etats-Unis, se synchronise avec des applications pour smartphone qui conseillent des mesures à prendre ou quoi dire aux médecins en cas d'urgence. Sans oublier les thermomètres connectés, à une tétine pour bébé ou à des patchs, qui envoient des notifications sur le smartphone ou la tablette des parents.
 

Encore vite abandonnés
Autant d'inventions aujourd'hui brevetées qui pourraient convaincre davantage, si leurs données pouvaient fournir aux personnels médicaux, voire aux assureurs-santé, des données personnalisées permettant de lancer des traitements plus tôt, ou de réduire les cotisations.
«Connaître la température, le nombre de pas, ou si on a bien dormi, c'est la partie facile. Mais comment injecte-t-on cette technologie dans le système de soin (...) pour prédire les problèmes et les traiter de manière précoce?», s'interroge Frank Gillett, un analyste du cabinet de recherche Forrester, qui reconnaît que la prévention est plus «importante que le gadget». Reste que, pour le moment, il apparaît, selon les analystes, que les bracelets de fitness et autres appareils mesurant le sommeil, les pas et autres sont généralement vite abandonnés.