Pollution: Le risque de mortalité à court terme favorisé par les particules fines

ENVIRONNEMENT La pollution due aux particules fines peut favoriser les accidents vasculaires cérébraux, les crises cardiaques, les ruptures d’anévrismes, etc...

20 Minutes avec agence

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Pollution automobile. station de detection et d'analyse des polluants mise en place par l'ORAPIP. (Observatoire Regional de l'air en Midi Pyrenees.). Rocade.
Pollution automobile. station de detection et d'analyse des polluants mise en place par l'ORAPIP. (Observatoire Regional de l'air en Midi Pyrenees.). Rocade. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

A l'heure où Paris, Rennes ou Strasbourg toussent, souffrant de pics de pollution aux particules fines est-il de bon ton de rappeler que la pollution tue? Oui, car elle tue rapidement, en aggravant brutalement des symptômes préexistants ou provoquant subitement accident vasculaire cérébral, crise cardiaque, rupture d’anévrisme, angine de poitrine ou encore une embolie pulmonaire

 

 

C'est en tout cas ce que révèle l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans son premier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'année, publié ce mardi, affirmant que la pollution atmosphérique a un impact immédiat sur la mortalité.

Les risques plus élevés l'été

Générées par gaz d'échappement des véhicules, notamment des moteurs diesel, ou par les systèmes de chauffage, les particules fines PM10, pénètrant facilement dans le corps, constitueraient, à court terme, un facteur aggravant de mortalité dans les grandes agglomérations. «La mortalité journalière augmente de 0,51 % pour chaque hausse de 10 microgrammes de PM 10 par mètre cube d'air», observe Mathilde Pascal, épidémiologiste à l'InVS. L'augmentation atteint même 1,04% chez les personnes de plus de 75 ans, fragilisées par des pathologies cardiovasculaires ou respiratoires existantes.

L'étude, réalisée dans 17 villes, relève que l'exposition au PM10 aurait donc pour effet d'encourager le développement de pathologies à risques affectant tout aussi rapidement les voies respiratoires ou le cœur. Les conséquences, graves, pouvant intervenir dans les cinq jours suivant l'exposition.

>> Lire l'étude par ici

Autre tendance confirmée, les risques sanitaires dus à la pollution seraient beaucoup plus élevés l'été: «En été, les effets de la chaleur et de la pollution se combinent pour augmenter le risque de mortalité », souligne Mathilde Pascal. Pour rappel, en novembre dernier, le CNRS avait calculé que pendant le pic de pollution du 13 décembre 2013, les rues de Paris étaient aussi polluées «qu'une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs».

Autre «bonne nouvelle», selon InVS et les experts qui ont participé à l'étude, en matière de pollution, «il n'existe pas de seuil en dessous duquel il n'y aurait pas d'effet sur la santé».