L'obèse et en bonne santé: Un mythe

ETUDE Une étude britannique démontre que la santé des personnes obèses se dégrade au fil du temps...

20 Minutes avec agences

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Une jeune femme obèse.
Une jeune femme obèse. — Jeff Haynes afp.com

L'idée que des personnes obèses puissent rester durablement en bonne santé est un mythe dans la majorité des cas, montre une étude britannique publiée, ce lundi, dans la revue de l'American College of Cardiology.

L'étude vient contredire celle publiée, ce 2 janvier, dans le Journal of Clinical Investigation et conduite par des scientifiques de la Washington University School of Medicine de St Louis, dans le Missouri (centre) selon laquelle certains obèses seraient en bonne santé et continueraient à l'être en vieillissant.

Un suivi durant vingt ans

Les chercheurs du département d'épidémiologie de l'University College de Londres ont, eux, suivi 2.521 hommes et femmes de 39 à 62 ans pendant vingt ans et ont mesuré régulièrement leur indice de masse corporelle, leur taux de cholestérol, leur glycémie, leur résistance à l'insuline et leur tension artérielle.

Et plus de 51% des obèses «sains» ayant participé à cette étude ont vu leur santé se dégrader au cours d'une période de vingt ans, tandis que seuls 11% ont perdu du poids et ont retrouvé une bonne santé. Les 38% restants sont restés obèses et en bonne santé pendant la durée de l'étude.

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Il n'y a pas d'obèses sains

«La principale hypothèse avancée pour des obèses sains c'est que leur état de santé reste stable durablement, ce qui n'est pas le cas puisque leur santé se dégrade sur le long terme, souligne Joshua Bell, l'un des principaux auteurs de l'étude. Des adultes obèses en bonne santé courent également un risque nettement plus grand de tomber malades que des personnes non obèses.»

Parmi les 2.521 participants, 181 étaient initialement considérés comme obèses, dont 66 entraient, en effet, dans la catégorie en bonne santé (1). Mais au bout de cinq ans déjà, 32% de ces derniers ont connu une dégradation de leur santé. Dix ans après le début de l'étude, 41% du groupe initial des obèses en bonne santé n'étaient plus considérés comme tels et ils étaient 51% après vingt ans.

Sujets aux maladies cardiovasculaires

«Les personnes obèses en bonne santé courent un plus grand risque de développer des maladies cardiovasculaires que celles qui ont un poids normal et qui sont en bonne santé, même si ce risque est moindre que pour les obèses déjà en mauvaise santé», conclut Joshua Bell.

«Comme le montre cette étude, les obèses en bonne santé tendent à connaître une dégradation de leur santé au cours des années», ajoute l'expert. Les Etats-Unis comptaient 35,7% d'adultes obèses en 2010, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

(1) Les chercheurs définissent une personne obèse en bonne santé comme ne présentant aucun facteur de risque du syndrome métabolique comme le diabète.