Grève des médecins: Trois raisons qui font que le mouvement ne faiblit pas

SANTE Alors que les médecins sont appelés par leurs syndicats à descendre dans la rue aujourd'hui, «20 Minutes» revient sur les raisons d'un mouvement qui ne faiblit pas...

Jean-Luc Mounier

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Les cabinets de médecins ne devraient pas faire le plein avant que plusieurs de leurs revendications soient entendues.
Les cabinets de médecins ne devraient pas faire le plein avant que plusieurs de leurs revendications soient entendues. — Philippe Huguen AFP

Maintenir la pression jusqu'à obtenir satisfaction. Tel est le crédo que suivent les principaux syndicats de médecins libéraux engagés dans un «bras de fer» avec le gouvernement depuis plusieurs semaines.

Parmi les multiples revendications des professionnels de santé, le projet de loi santé de Marisol Touraine est certainement celui qui cristallise le plus de critiques. 20 Minutes revient sur les raisons d'un mouvement amené à durer éventuellement... jusqu'en avril.

1. Le tiers payant généralisé obligatoire

La «mesure phare» du projet de loi santé est dans l'œil du cyclone. Les syndicats de médecins demandent la suppression de cette mesure, dénonçant notamment la «lourdeur administrative» que représenterait le tiers payant généralisé obligatoire pour les médecins.

Le tiers-payant est un système qui évite aux patients d’avancer des sommes d’argent qui lui seraient par la suite remboursées par l’Assurance maladie et les complémentaires santé. Après l’acte, l’Assurance maladie doit donc rembourser dans des délais spécifiques le praticien qui a pratiqué l’acte. Aujourd’hui, 30% des actes sont assurés selon ce système. Mais Marisol Touraine envisage de le généraliser à l’ensemble des actes. Or, «la Sécu rembourse les médecins avec du retard dans la moitié des cas», dénonce à 20 Minutes Bertrand Legrand, médecin généraliste dans le Nord, qui a créé un Observatoire du tiers payant.

Mais le gouvernement n'entend pas lâcher sur ce point. La ministre de la Santé Marisol Touraine, qui a estimé mardi sur BFMTV que l'extension du tiers payant prévue dans son projet de loi serait «évidemment maintenue» et estimé que le boycott de l'utilisation de la carte vitale par les médecins grévistes «ne serait pas responsable».

>> Réactions: La Sécu craint des retards dans le remboursement


Touraine: "le tiers payant sera maintenu dans... par BFMTV

2. Une revalorisation du tarif de consultation

Cette revendication n'est pas liée au projet de loi santé, mais est une revendication à part entière du corps médical. Les syndicats de médecins demandent une revalorisation du tarif de la consultation médicale - de 23 à 25 euros.

L'appel à la grève de ce 6 janvier ne doit certainement rien au hasard. Comme l'expliquait le 31 décembre dernier le syndicat MG-France dans un communiqué, «la dernière revalorisation de la consultation date du 6 janvier … 2011 !» La grève des médecins ce mardi a donc lieu 4 ans jour pour jour après la dernière revalorisation du tarif de leur consultation.

3. «Alerter l'opinion publique sur la condition des médecins généralistes en France»

Sur le fond, les syndicats de médecins profitent de ce mouvement de mobilisation pour «alerter l'opinion publique sur la condition des médecins généralistes en France», comme l'explique à 20 Minutes le président de MG-France Claude Leicher.

«On assiste à une chute de la démographie des médecins généralistes en France, analyse Claude Leicher, et la population doit comprendre que la couverture médicale du territoire français est aujourd'hui menacée, non seulement avec l'existence de déserts médicaux mais aussi avec une désertification médicale grandissante dans les villes moyennes».