Les cliniques renoncent à leur grève illimitée à partir du 5 janvier, les médecins préparent la suite du mouvement

SANTE La ministre de la Santé continue de défendre son projet de loi...

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un médecin en grève.
Illustration d'un médecin en grève. — M. DANIAU / AFP

La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a annoncé mardi dans un communiqué qu'elle renonçait à la grève illimitée prévue à compter du 5 janvier. La FHP, «au vu d'avancées dans les discussions menées avec le ministère de la Santé sur le volet hospitalier du projet de loi de santé, annonce la levée de son appel à la cessation d'activité totale et illimitée qui devait débuter le 5 janvier».

En revanche, au huitième et avant-dernier jour de leur grève mardi, qui entraîne une explosion d'activité dans les centres d'appels du SAMU, les médecins élaborent déjà la suite du mouvement. La ministre de la Santé continue toutefois de défendre son projet de loi, déclencheur de la grogne. «Il y a des inquiétudes qui s'expriment, je les entends», a répété Marisol Touraine sur Europe 1.

«Je veux dire que je pense aussi aux patients»

«Je souhaite pouvoir y répondre» et un travail est engagé avec les médecins, «mais je veux dire que je pense aussi aux patients, et les patients ont droit d'attendre que notre système de santé évolue pour répondre à leurs besoins». «La loi que je porte a précisément pour ambition de renforcer la place du médecin de proximité et en particulier du médecin généraliste», a-t-elle voulu rassurer.

Mais la rupture semble consommée avec le corps médical libéral qui exige une réécriture complète de ce projet de loi, voire son retrait. A l'appel des quatre syndicats représentatifs, généralistes et spécialistes ont fermé leurs cabinets depuis le 23 décembre dans des proportions variables, selon les secteurs. Le mouvement doit se poursuivre jusqu'à mercredi. Les urgentistes de SOS médecins ont rejoint le mouvement lundi.

Même si le mouvement n'a pas trop d'incidences sur les patients, le bras de fer engagé par le front syndical uni avec le ministère peut être, lui, lourd de conséquences. Le projet de loi Touraine n'est pour l'instant pas aussi impopulaire que ne l'a été la loi Bachelot en 2009 -qui avait fait descendre dans la rue médecins, personnels hospitaliers, chefs de service et médecins libéraux. Mais il a ravivé les tensions entre le public et le privé.

Elections professionnelles à venir

Les syndicats de libéraux sont déjà en train de préparer le coup d'après la grève, songeant notamment à une grève des télétransmissions aux caisses de la Sécu des feuilles de soins qui entraînerait pour les patients et les médecins des retards de paiement.

Alors même qu'ils avaient dans un premier temps salué le volet prévention de ce projet de loi, dévoilé en juin, les syndicats ont au fil des semaines affûté leurs critiques, s'en prenant au rôle accru donné aux Agences régionales de santé ou à la délégation de tâches (comme la vaccination aux pharmaciens). Des revendications tarifaires se sont greffées, au point de devenir aujourd'hui la demande prioritaire des médecins généralistes.

Dopés par des élections professionnelles à venir, les syndicats de médecins sont déterminés à faire céder Touraine d'ici avril, date de l'examen de son projet de loi au Parlement.