Tout comprendre à la grève des urgentistes

SOCIAL Une assemblée générale de l'Association des médecins urgentistes de France doit décider en fin de journée des suites du mouvement lancé ce lundi...

Delphine Bancaud

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Le service des urgences de l'hôpital de Valenciennes, le  22/12/2014.
Le service des urgences de l'hôpital de Valenciennes, le 22/12/2014. — AFP/FRANCOIS LO PRESTI

En grève illimitée depuis ce lundi, les urgentistes décideront dans la soirée s’ils lèvent le mouvement ou pas. Pour ce faire, ils étudieront les propositions que la ministre de la Santé Marisol Touraine vient de leur faire sur «l'organisation de leur temps de travail». 20 minutes revient sur les enjeux de ce conflit.

Pourquoi les urgentistes se rebellent-ils?

«Aujourd’hui, les urgentistes travaillent en moyenne 60 heures par semaine. Et au-delà de 39 heures, ils sont payés différemment en fonction de leur lieu d’exercice et des négociations de marchand de tapis qu’ils ont pu mener avec leur direction», indique à 20 minutes Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF). Et bien souvent leur temps de travail n’est pas clairement décompté. Les urgentistes réclament donc un décompte horaire précis de leur temps de travail et une limitation de celui-ci à 39 heures hebdomadaires. Et pour les médecins qui effectuent des heures supplémentaires, l’AMUF souhaite que le temps de travail soit plafonné à 48 heures (durée maximum selon la législation européenne).

Dans quelles conditions font-ils la grève?

Près de 80% de la profession a répondu positivement à l’appel à la grève lancé  par l’AMUF et la CGT-Médecins. Patrick Pelloux rappelle toutefois que pendant la grève «les patients ne sont pas mis en danger». Car les urgentistes en grève portent un badge avec la mention gréviste, mais peuvent être assignés.

Où en sont les discussions?

Marisol Touraine a transmis en fin de matinée aux urgentistes des propositions concernant l'organisation de leur temps de travail. Patrick Pelloux reconnaît que le texte «contient des choses très positives». Il prévoit notamment que «le temps de travail d’un urgentiste à temps plein doit être 39 heures et qu’au-delà il doit être payé en heures supplémentaires».

Vont-ils lever leur mouvement?

La ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé lundi une «issue favorable des négociations» avec les urgentistes, prévoyant la levée du préavis de grève. Ce qui n’a pas franchement plu aux principaux intéressés. «Ce n'est pas à la ministre de lever les préavis de grève», a indiqué à 20 minutes Patrick Pelloux. Pour l’heure le préavis de grève de l’AMUF n’a donc pas été levé. «Nous avons une assemblée générale ce soir et nous déciderons si nous continuons le mouvement ou pas», explique Patrick Pelloux. Selon lui, la décision devrait être connue vers 22 heures.