Ebola: Début des tests expérimentaux en Guinée

EPIDEMIE Un centre anti-Ebola a été saccagé en Guinée et ce, alors que l'on annonce le début des essais thérapeutiques dans ce pays le plus touché par le virus...

Marion Pignot

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Un travailleur médical traite des déchets des malades du virus Ebola, le 8 décembre 2014 à Conakry, en Guinée, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie
Un travailleur médical traite des déchets des malades du virus Ebola, le 8 décembre 2014 à Conakry, en Guinée, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie — CELLOU BINANI AFP

Craignant une contamination de leur quartier, des centaines de jeunes ont violemment empêché, ce week-end, l'installation d'un centre de traitement d'Ebola de Médecins sans frontières (MSF) à Kissidougou, dans le sud de la Guinée particulièrement touché par Ebola (1). «Ils ont d'abord saccagé les installations, notamment des tentes de MSF, mis le feu aux bâches et cassé des chaises, pour enfin chasser le personnel sanitaire et officiel qui avait pris place sur les lieux», a expliqué le commissaire Alfred Houlémou, joint au téléphone depuis Conakry.

Des jeunes s'étaient également opposés en novembre à l'installation d'un centre de MSF à Yimbaya, dans la banlieue de Conakry. Ils avaient saccagé le dispositif mis en place pour la cérémonie, en scandant: «Nous ne voulons pas d'Ebola dans notre quartier! Nous avons peur d'Ebola ! Non à MSF ! Ne polluez pas notre environnement.»

 

Un «complot des Blancs»

En Guinée, les réactions violentes les plus graves à la lutte contre la fièvre hémorragique se sont produites en septembre à Womey (Sud-Est). Huit membres d'une équipe de campagne de sensibilisation avaient été tués par des habitants qui niaient la réalité du virus et criaient à un complot des Blancs.

 

Mais en parallèle de ces violences, selon l'agence de presse Xinhua très présente en Afrique, les tests expérimentaux des traitements contre le virus Ebola sur des malades auraient débuté dans la préfecture de Guéckédou, située à près de 800 kilomètres de la capitale. Une information confirmée à la radio nationale par le Dr Sakoba Kéita, coordinateur local de la riposte contre Ebola. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) testerait, toujours selon Xinhua, l'antiviral japonais favipiravir (Avigan).

Toujours aucun traitement homologué

Et c'est aussi en Guinée que des chercheurs expérimentent des tests de détection du virus qui ne prennent qu’un quart d’heure. Le prototype, mis au point par l’Institut Pasteur de Dakar, est six fois plus rapide que les tests auparavant utilisés, a été conçu pour être utilisé dans des dispensaires ruraux où l’électricité et les systèmes de réfrigération font souvent défaut.

 

Un test de dépistage rapide d'Ebola (à g.) et un détecteur de température (à dr.). - R.Scotto/20minutes

 

Il n'existe aujourd'hui aucun traitement homologué pour lutter contre le virus Ebola dont la pire épidémie jamais enregistrée frappe actuellement l'Afrique de l'ouest. Divers traitements expérimentaux existent en revanche à travers le monde, mais ces produits ne sont généralement pas disponibles en grosses quantités.

(1). La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont les trois pays les plus touchés par Ebola. L'épidémie, la plus grave depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976, partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, a fait au moins 6 915 morts, essentiellement dans ces trois pays.