France: Un quart des nouveaux médecins ont un diplôme étranger

Etude Chaque année, en France, un quart des nouveaux médecins ont été formés à l'étranger, principalement en Roumanie, en Algérie ou encore en Belgique...

20 Minutes avec agences

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Chaque année en France, un quart des nouveaux médecins ont été formés à l'étranger, principalement en Roumanie, Algérie ou encore en Belgique.
Chaque année en France, un quart des nouveaux médecins ont été formés à l'étranger, principalement en Roumanie, Algérie ou encore en Belgique. — Boris Horvat AFP

Qui sont les médecins qui s’installent en France avec un diplôme étranger? Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a rendu publique, ce jeudi, une étude exhaustive sur les flux migratoires et les trajectoires de ces professionnels de santé qui représentent 8,2% des 276.354 médecins inscrits au tableau de l’Ordre au 1er janvier.

Plus précisément, sur ces médecins recensés en France, qui comptent 61.000 retraités, le Conseil de l'Ordre a recensé 22.568 titulaires d'un diplôme étranger parmi lesquels, 21.159 sont en activité, dont 19.044 «en activité régulière» (non-remplaçant). Un chiffre qui a augmenté de 60,2% depuis 2007, date qui marque notamment l’entrée de la Roumanie dans l'Union européenne. 

L'Algérie, la Syrie ou encore le Maroc

Et, «depuis quatre ans, un médecin sur quatre nouvellement inscrit n'est pas diplômé d'une université française», a souligné le Dr Patrick Romestaing, présentant les résultats de la première étude du Cnom. Hors Union européenne, les médecins diplômés à l'étranger ont majoritairement été formés en Algérie (39,7%), en raison des liens historiques unissant ce pays à la France.

Viennent ensuite les médecins titulaires d'un diplôme syrien (10,6%), qui ont été 375 à rejoindre les rangs des praticiens en France depuis 2007. Un exode lié au conflit qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans. Les diplômés provenant du Maroc (10,1%) arrivent eux en 3e position.

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Un exode massif de diplômés roumains

Côté européen, les effets de l'élargissement se font sentir, le nombre de personnes formées en Roumanie ayant augmenté de 520% depuis 2007, date de l'entrée du pays dans l'UE. Les titulaires de diplômes roumains composent ainsi la majorité (40,9%) des diplômés européens, devant les diplômés belges (19,1%) et italiens (11,5%).

L'immigration de médecins roumains en France a commencé «avant 1989» et «la chute du régime communiste. Mais depuis cinq, six ans il y a un exode massif», explique le docteur Calin Ciofu, vice-président de l'association des médecins roumains de France. Avant d'ajouter : «Comme le plombier polonais ou le maçon bulgare, ils viennent chercher une vie meilleure.» Et d'évoquer de meilleurs salaires et conditions d'exercice qu'en Roumanie, où les médecins sont notamment confrontés à la corruption.

Les déserts médicaux persistent pourtant

Et s'il serait tentant de voir dans cet afflux de médecins étrangers une solution à la pénurie de médecins, en particulier généralistes, sensible dans certaines régions. Il n'en est rien, assure le Cnom. Cet afflux ne règle pas l'épineuse question des déserts médicaux. Car la majorité des titulaires de diplômes étrangers (62,4%) se tournent vers le salariat, en particulier le service public hospitalier, et délaissent l'ouverture de cabinet en libéral.

«Partout le salariat est prédominant dans des régions qui sont en difficulté comme la région Centre, la région Picardie, le Nord-Pas-de-Calais», détaille Patrick Romestaing. En Ile-de-France, où le manque de médecins généralistes s'accentue, seulement 23% des médecins formés à l'étranger exercent en libéral. Autre constat soulevé par le Cnom: ce sont les régions déjà les mieux pourvues en offre de soins qui les séduisent le plus, à savoir l'Ile-de-France, Rhône-Alpes et Paca.

L'étude du Cnom ne détaille pas le nombre de Français qui partent étudier la médecine à l'étranger pour contourner le numerus clausus, un phénomène encore «marginal», selon Jean-François Rault, du Cnom, qui constate néanmoins que la Belgique est le pays le plus plébiscité en la matière.