Noël, une fête synonyme de stress pour 1 Français sur 5

ANGOISSE Budget serré, idées cadeaux, retrouvailles familiales, les raisons d’angoisser sont nombreuses…

Romain Scotto
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Des Strasbourgeois en plein shopping de Noël, le 23 avril 2013.
Des Strasbourgeois en plein shopping de Noël, le 23 avril 2013. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

«Noël, c’est le froid, la grisaille, les gens qui sont dans la course aux cadeaux et font semblant d’être heureux», «une fête synonyme de consommation», «où on a l’obligation de retrouver Tonton Francis». Un rapide survol des forums Internet permet de comprendre que nombreux sont les Français, à qui la vue d’un bonnet rouge à pompon déclenche une crise d’urticaire. Selon un sondage YouGov pour 20 Minutes, 1 sur 5 (20,4%) reconnaît d’ailleurs être «plus stressé» en période de Noël que pendant le reste de l’année.

Pour une majorité d’entre eux (49%), la peur de «ne pas avoir suffisamment d’argent pour faire ses achats», justifie cette angoisse. Un argument très terre à terre que Pascale Hebel, économiste spécialisée dans l'anticipation du comportement des consommateurs, comprend parfaitement. Cette année, le budget déclaré des Français pour Noël est en baisse de 4,5% (pour un panier moyen de 300 euros). «On ne peut plus mettre autant que l’année dernière. Les gens sont soit obligés d’utiliser leur épargne, soit de s’endetter depuis deux ans.» Dans le détail, ils rogneront un peu plus sur le budget du repas du réveillon (-3,3%) que sur les cadeaux (-2,7%).

«Une période de réactivation»

Les «stressés du 24 décembre» avancent ensuite la peur de «ne pas trouver les bons cadeaux» (27%), ou le fait de devoir «retrouver certains proches» (17%). Noël étant une fête familiale, c’est aussi à cette période que «certains conflits sont susceptibles de ressurgir, avance Samuel Lepastier, psychiatre et psychanalyste. Si tout le monde s’entend bien, c’est merveilleux. Sinon c’est difficile. Pour les gens seuls, les divorcés, les orphelins, Noël est une période de réactivation. Il manque toujours quelqu’un. On ne sait pas si doit aller chez la belle famille ou pas.»

Dès le mois de novembre, certains patients évoqueraient l’angoisse de cette fête que l’on se sent obligé de réussir. Etre malheureux à Noël engendre généralement une culpabilité. «Je leur dis pourtant qu’on n’est pas obligé d’aimer Noël. On se rend compte qu’il y a un battage exagéré, une surconsommation superficielle», poursuit le médecin. Par ailleurs, cette fête intervient au pire moment de l’année, au début de l’hiver, quand les jours sont courts, froids. Professionnellement, il est rarement question de lever le pied. 17% des «stressés» redoutent ainsi de ne pas trouver le temps de «faire leurs achats».

Nostalgie de l'enfance

Enfin, comme beaucoup de dates anniversaires, Noël renvoie à l’idée du temps qui passe et «nous rapproche donc de la mort», poursuit le psychanalyste. Nous gardons un souvenir idéalisé de cette fête qui n’a plus la saveur de la distribution de cadeaux de notre enfance. La magie disparaît dès qu’on a démasqué le père Noël. En même temps, rien ne vous empêche de demander à vos proches un bateau pirate ou un bon vieux kit de pâte à modeler. Oui, même à 50 ans.

Etude réalisée en ligne sur 1009 personnes représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans et plus. Le sondage a été réalisé en ligne entre le 20 et 21 novembre 2014 selon la méthode des quotas.