36% de femmes ne consultent pas de médecin avant une grossesse

Sondage Alors qu'une consultation médicale est conseillée en amont d'un projet de maternité, plus du tiers de femmes entameraient leur grossesse sans disposer de la moindre information...

20 Minutes avec agences
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Seulement 12% des femmes consultent un médecin avant l'arrêt de toute contraception.
Seulement 12% des femmes consultent un médecin avant l'arrêt de toute contraception. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les femmes devraient consulter avant d'envisager une grossesse, mais trop peu le savent comme le montre une enquête Opinionway, publiée en amont des 7es Assises sur la protection de la santé de la femme enceinte et du nouveau-né.

Bien qu'elles connaissent les risques liés au tabac ou à l'alcool pour leur enfant à naître, ce sondage révèle que la plupart des femmes se lancent dans des projets de grossesse sans préparation personnelle ou médicale appropriée. Plus du tiers (36%) entame, ainsi, des grossesses sans disposer de la moindre information, tandis que moins des deux cinquièmes se renseignent sur les risques médicaux (auprès des professionnels de santé, de l'entourage, ou en consultant des livres ou internet). 

Seulement 26% consultent un médecin avant leur grossesse

Plus inquiétant, seulement 12% ont consulté un médecin avant l'arrêt de toute contraception et 14% après, soit 26% au total avant d'être enceintes alors que les autres ont attendu les premiers signes d'une grossesse pour consulter. «Les femmes n'ont toujours pas le réflexe de se dire j'ai un projet de bébé, je consulte», résume Albane Tresse, la porte-parole de la Fondation PremUp, le réseau de recherches et de soins en périnatalité qui a commandé l'étude.

Le sondage révèle également que la préparation à la grossesse - tant en termes de recueil d'informations que de visites chez le médecin - dépend également largement du milieu social, les femmes à faible revenu, à faible niveau d'éducation ou celles qui ne sont pas en couple étant les moins bien préparées.

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Les risques méconnus

Au niveau des risques encourus par la mère et l'enfant à naître, les addictions (tabac, alcool et drogue) arrivent en tête, citées par 98% des Françaises, grâce aux campagnes de prévention très médiatisées menées sur cette thématique. Mais d'autres risques restent mal connus, comme l'isolement ou le fait de ne pas parler français.

Il en va de même pour certaines pathologies : si le sida est bien identifié (84%) , il n'en va pas de même pour le diabète, cité par 64%, et l'hypertension artérielle, citée par seulement 57% des femmes interrogées alors qu'elle est l'une des complications les plus courantes et redoutées (risque de pré-éclampsie).

Lutter contre la prématurité

La Fondation PremUp s'efforce ainsi de lutter contre la prématurité qui a augmenté régulièrement ces dernières années et qui touche environ 60.000 bébés par an.

Selon elle, les accouchements prématurés sont notamment favorisés par les grossesses multiples et l'augmentation régulière de l'âge des mères, mais également par une prise en charge trop tardive de certaines femmes enceintes : 10% ne consultent pour la première fois qu'après le premier trimestre de la grossesse, soit deux fois plus qu'en 2003.