Un appel à la grève illimitée lancé dans les cliniques privées à partir du 5 janvier

SANTE La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) réclame le retrait du projet de loi santé qui doit être examiné début 2015…

Vincent Vantighem

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Le 06 novembre 2001, Flers (Orne). Une infirmière en grève de la clinique privée Saint-Dominique passe dans une salle d'opérations.
Le 06 novembre 2001, Flers (Orne). Une infirmière en grève de la clinique privée Saint-Dominique passe dans une salle d'opérations. — MYCHELE DANIAU / AFP

Elle en a assez que l’on tire sur l’ambulance. La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a appelé, ce lundi matin, les cliniques et hôpitaux privés à cesser toute activité à compter du 5 janvier, réclamant le retrait du projet de loi santé qui, selon elle, «condamne le secteur privé».

>> Décryptage: Tout comprendre au projet de loi santé

Il vaudra mieux ne pas prendre froid en cette période. Cet appel à la grève dans le privé qui concerne 1.100 établissements s’ajoute à celui déjà lancé par les médecins généralistes pour la période du 24 au 31 décembre. Dans les services d’urgence, toutefois, les agences régionales de santé (ARS) ont le pouvoir de procéder à des réquisitions de personnels, pour garantir l’accès aux soins et la sécurité des patients.

Ne pas devenir «une variable d’ajustement»

La Fédération de l’hospitalisation privée motive son appel à la grève par les menaces que fait peser le projet de loi santé sur les 200.000 emplois des cliniques et hôpitaux privés. Ce projet de loi va «provoquer une désorganisation complète de l’offre de soins sur les territoires», affirme la FHP.

De fait, le texte doit donner plus de pouvoir aux agences régionales de santé (ARS) dans l’organisation des systèmes de soins. Demain, «les ARS pourront retirer à l'un de nos établissements une autorisation d'activités de soins ou fermer un de nos services d'urgence parce que l'hôpital public voisin, qui ne va pas bien, a besoin d'un afflux de patients. Nous refusons d'être la variable d'ajustement d'un secteur public structurellement déficitaire», assène Lamine Gharbi, président de la FHP.

Selon la FHP, les cliniques privées accueillent chaque année 8,5 millions de patients et réalisent plus de la moitié des interventions chirurgicales, près d'un traitement de cancer sur deux et un accouchement sur quatre.