Illustration d'une personne malade souffrant de maux de tête.
Illustration d'une personne malade souffrant de maux de tête. — ISOPIX/SIPA

SANTE

Douleurs: Les Français sont-ils douillets?

Alors que 92% d'entre eux affirment avoir ressenti une douleur au cours de l'année...

Si ce n’est pas le dos, c’est la migraine. Voire les dents, les pieds ou les règles douloureuses. Quel que soit leur état de santé, les Français ont généralement mal quelque part. C’est même leur état quasi normal puisque 92% affirment avoir souffert d’une douleur au cours des 12 derniers mois selon une enquête CSA. Sur une année, ils évaluent aussi à 4,2 le nombre de douleurs moyennes ressenties. «Ces chiffres sont en légère hausse par rapport aux précédents. Ils semblent élevés, mais ils englobent les douleurs de courte durée, aiguës, et les douleurs persistantes, chroniques», observe le Professeur Alain Serrie, l'un des coordonnateurs de l’étude.

Face à ces maux, plusieurs attitudes sont décrites. Les comportements varient notamment en fonction des générations. Chez les jeunes (18-24 ans), l’option «serre les dents, ça va passer» est privilégiée puisqu’ils ont tendance à attendre que le mal passe tout seul. Les séniors (à partir de 50 ans) auraient quant à eux plus tendance à consulter un professionnel. «Ces attitudes sont dues aux différents types de douleurs ressenties. Les plus jeunes ont le plus souvent des douleurs aiguës qui s’estompent d’elles-mêmes», poursuit Alain Serrie. A contrario, les sujets plus âgés, présentent des douleurs chroniques et ont davantage recours à une consultation.

«On ne peut pas juger la douleur de l’autre»

S’ils souffrent, les Français ne sont pas pour autant des patients «douillets». Par rapport à d'autres pays, leur expression de leur douleur est sensiblement la même. «On est dans une moyenne, on considérait à une époque que les gens des pays du sud s’exprimaient plus. Mais ce n’est pas vrai». En médecine, l’autoévaluation de la douleur prévaut désormais. Ce signal doit nécessairement être pris en compte. «On ne peut pas juger la douleur de l’autre, personne n’est douillet, poursuit le professeur Eschalier, autre spécialiste, président de l'institut Analgesia. Chacun a son histoire. Avec une perception de la douleur qui lui est propre. Dans un autre siècle on disait que telle ou telle opération était douloureuse. C’était comme ça.»

En revanche, l’expression de la plainte est différente d’un individu à l’autre. Durs au mal ou geignards, les Français auraient une attente plus importante vis-à-vis des soignants dans la mesure où les traitements antalgiques sont de plus en plus efficaces. Selon le professeur Eschalier, «ils ont conscience que les praticiens s’intéressent plus à la douleur qu’avant». Mais dans le même temps, il faut accepter qu'une vie sans douleur n'existera jamais. En tant que signal, elle nous protège avant tout du danger. Pour les scientifiques, il s'agit même d'un des facteurs de survie l'espèce humaine.

Le sondage, commandé par le laboratoire Sanofi, a été réalisé entre le 25 août et le 2 septembre via internet auprès d'un échantillon de 2006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 à 60 ans.