Ebola: La préparation à une épidémie s’intensifie en France

SANTE Dans les aéroports comme dans les établissements de santé, les moyens d'urgence sont mis en place...

Romain Scotto

— 

Des conseillers du centre d'appels Ebola, le 14 octobre 2014 à Romainville (Seine-Saint-Denis)
Des conseillers du centre d'appels Ebola, le 14 octobre 2014 à Romainville (Seine-Saint-Denis) — Thomas Samson AFP

Face à ce que Barack Obama et les dirigeants européens ont qualifié de «plus grave urgence sanitaire des dernières années», le niveau de préparation «s’est intensifié» en France indique jeudi Benoît Vallet, de la Direction générale de la Santé. Toutes les autorités sanitaires sont sur le pont, prêtes à traiter un ou plusieurs patients contaminés par le virus Ebola. Voici l'étendue du dispositif mis en place actuellement sur le sol français.

Des contrôles à Roissy. Dès samedi matin, environ 200 passagers en provenance de Conakry en Guinée, subiront un test de température une fois débarqués. Un vol par jour relie ce pays touché par le virus à la France. Les autres liaisons en provenance de la Sierra Leone ou du Liberia ont, elles, déjà été suspendues. Tout passager dont la température dépassera le seuil de 38 degrés sera considéré comme suspect et immédiatement encadré par une équipe médicale de l'aéroport. Dans le même temps, tous les passagers du vol l'ayant côtoyé subiront eux aussi un suivi particulier puisqu'un questionnaire de traçabilité leur sera remis.

Des personnels de santé alertés. Quelle que soit leur profession, tout personnel travaillant dans la santé a reçu récemment un dépliant de deux pages expliquant la marche à suivre en cas de suspicion de cas d'Ebola. Jean Debeaupuis, de la direction générale de l'offre de soin précise que l'appel du 15 fait ensuite partie de la procédure. Dans ce cas, le Samu met en place un transport de patient hautement contagieux. Le transfert a lieu vers l'un des douze établissements de santé de référence où les équipes sont «habituées aux cas compliqués». Une vingtaine de lits de chambre individuels à pression négative sont alors prêts à accueillir les patients.

Des réservistes prêts à suppléer. Masques, lunettes, blouses, surchaussures, caissons de transports des malades, etc. Tout le matériel nécessaire aux soignants en cas d'épidémie massive est stocké dans les locaux de l'Eprus, la réserve sanitaire française. «On est en mesure de ravitailler les établissements de santé, assure Marc Meunier, son directeur. Nous avons aussi formé une équipe de réservistes sanitaires en mesure de donner un coup de main dans les établissements de santé soumis à un cas d’Ebola.» Ces renforts sont notamment rompus aux techniques d’habillage et déshabillage des patients.

Un numéro vert d'alerte. En quelques jours, 2.000 appels ont été examinés à Romainville, au centre d'appel mis en place spécialement pour Ebola. 13 cas «possibles» ont été recensés. Tous ont été infirmés. En cas de confirmation de la maladie, la troisième phase consistera en une mise sous isolement immédiate du patient. Pour Pierre Carli, directeur du Samu de Paris, il est capital d'appeler ce numéro ou le 15 quand on soupçonne les symptômes d'Ebola. L'une des craintes du Samu est de voir un malade débarquer spontanément dans une salle d'attente des urgences. Un lieu généralement bondé.

Un traitement disponible. Même s'il n'existe pas à ce jour de vaccin ou de médicament contre Ebola, plusieurs traitements sont en cours d'expérimentation, notamment des sérums physiologiques. Dominique Martin, le directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) assure que des arrêtés ont été pris, mettant à disposition quatre molécules. «Trois produits injectables et un comprimé.» Leur disponibilité est limitée car ils sont produits en très petite quantité. En France, le favipiravir (ou « T-705 »), commercialisé sous le nom d'Avigan serait le seul disponible. Utilisé au Japon, il sert normalement à traiter les malades de la grippe A.