Colonne vertébrale: Faire l’amour sans malmener son dos, c’est possible

SEXUALITE Auteure d’une étude sur le sujet, Nathalie Sidorkewicz aide les couples à optimiser leurs positions au lit…

Romain Scotto

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Les patients souffrant du dos ont tendance à réduire la fréquence de leurs rapports sexuels.
Les patients souffrant du dos ont tendance à réduire la fréquence de leurs rapports sexuels. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

«Non chéri(e), pas ce soir, j’ai trop mal au dos.» Pour certains, la lombalgie a parfois des incidences importantes sur la vie de couple. Elle devient même un handicap quand l’abstinence devient l’unique solution pour ne pas traîner sa peine pendant des semaines. 40% des lombalgiques reconnaissent avoir des troubles de la libido et réduire la fréquence de leurs rapports.

Pour y remédier, des chercheurs en biomécanique de l’université de Waterloo, au Canada, ont publié dans la revue Spine une étude de biomécanique sur «les mouvements de la colonne pendant le coït» proposant, d'abord aux hommes souffrant du dos d’optimiser leur position en pleine partie de jambe en l’air. Une deuxième étude centrée sur les femmes a ensuite été réalisée.

«Nous avons recruté dix couples en bonne santé sur lesquels on a placé des capteurs de mouvements», témoigne Nathalie Sidorkewicz, à la veille de la journée mondiale de la colonne vertébrale. Toutes ont adopté cinq positions différentes pendant leur coït: deux variantes de levrette, deux du missionnaire et la cuiller (les deux partenaires sont couchés sur le côté, l’homme étant derrière la femme). A chaque fois, les scientifiques ont analysé les ondes de choc touchant la colonne. Résultat, beaucoup d’hommes souffrant du dos n’adoptent pas la position adéquate. Du moins, la moins traumatisante.

Le summum de la douleur pendant... l'orgasme

«Nous avons donc émis des recommandations générales sur le sujet», poursuit Nathalie Sidorkewicz. Dans ce Kama-sutra du lombalgique, il faut bien différencier deux types de douleurs dorsales. Celles qui touchent les patients lors d’une flexion, quand ils se penchent en avant. Et ceux qui souffrent lors d’une extension, quand ils se cambrent. Pour les premiers, la position masculine idéale est la levrette, lorsque la partenaire prend appui sur les coudes. Une forme de missionnaire (bras tendus pour l’homme) est aussi conseillée, alors que la cuiller est proscrite. Pour les autres, c’est tout l’inverse sachant que la position du missionnaire peut être adoptée, mais avec un appui sur les coudes cette fois.

Pour les femmes souffrant en extension, la position recommandée est le missionnaire puisque l'appui au sol est optimisé. En revanche, mieux vaut éviter toute forme de levrette (surtout en appui sur les mains). Encore une fois, c'est tout l'inverse pour les femmes redoutant une flexion. D’une manière générale, la scientifique recommande à la personne qui contrôle le mouvement «d’utiliser plutôt ses genoux, son bassin et sa tête que son dos. C’est la clé. Les gens se servent trop de leur colonne vertébrale.» Avec les conséquences dramatiques évoquées plus haut. Certaines personnes éviteraient même d’atteindre l’orgasme. Le summum de la douleur dorsale paraît-il.

Ci-dessous, le schéma d'optimisation des positions masculines pendant le coït, extrait de l'étude.

 
Ci-dessous, le schéma d'optimisation des positions féminines pendant le coït, extrait de l'étude.