Sécurité sanitaire: Plus de 1.500 signalements sur les compléments alimentaires et aliments enrichis

NUTRITION L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation environnement et travail (Anses), publie ce mercredi un rapport inquiétant sur les effets indésirables de ces «nouveaux aliments»…

R.S.

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Illustration de compléments alimentaires.
Illustration de compléments alimentaires. — ANGOT/SIPA

Qu’il s’agisse de poudres protéinées, de gélules minceurs, de boissons énergisantes ou même du lait maternel, les compléments alimentaires et aliments enrichis modifient depuis plusieurs années nos habitudes de nutrition. Parfois sans contrôle médical et sans même que le consommateur ne s'en rende compte. Pour le protéger des risques éventuels de ces «nouveaux aliments», l’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement travail (Anses), travaille depuis quatre ans autour d’un dispositif «nutrivigilance» mis en place dans le cadre d’une loi Hôpital de 2009. Ses premiers résultats, officialisés ce mercredi, sont relativement alarmants.

Au total, 1.565 signalements de professionnels de santé, industriels et particuliers ont été recensés par l’Anses. Les trois quarts concernent des compléments alimentaires. Le dernier quart des boissons énergisantes. Parmi les produits ciblés, l’Anses évoque de «nouveaux aliments» comme les produits exotiques (jus de noni, écorce de magnolias, la gomme de guar ou la pulpe déshydratée de pulpe de baobab), des compléments alimentaires aux plantes, à la caféine, les produits pour sportifs, personnes âgées, nourrissons et les aliments enrichis (en vitamines, minéraux, acides aminés, extraits de plantes, boissons énergisantes). Parmi eux, certains sont soumis à une autorisation préalable après évaluation. D’autres non.

La levure de riz rouge et la p-synéphrine dans le viseur

Tous produits confondus, les effets secondaires cités sont nombreux: effets cardiovasculaires, neurologiques, hépatiques, etc. Concernant les compléments alimentaires, les principaux risques sont d’ordre hépatiques, gastro-entérologiques, et allergologiques. 15% des compléments cités ont une visée « minceur », 11% «capillaires », 9,6% « anticholestérol» et 9,2% « tonus vitalité.» La levure de riz rouge (anticholestérol), et la p-synéphrine (un produit minceur à base d'orange amère), sont notamment à l’origine de nombreux signalements.

 «On peut considérer qu’il existe une relation entre le produit et l’effet observé. Très souvent il s’agit du contexte de prise, ou des doses», indique le professeur Irène Magaritis, chef de l’unité d’évaluation des risques à la nutrition. «Ce processus de contrôle est très important, poursuit Xavier Bigard, nutritionniste de l’Anses. On assiste à l’arrivée de certaines substances dont on a une mauvaise idée sur la santé. Il y a aussi de plus en plus d’associations de substances qui ont de mauvais effets l’une sur l’autre». L’exemple de la p-synéphrine associée à la caféine est caractéristique: «ces deux substances ne doivent pas se trouver dans le même complément». Un rapport spécifique devrait être publié par l'Anses sur le sujet dans les mois à venir.