Epidémie d'Ebola: Vos questions, nos réponses

PARTICIPATIF Vous avez été nombreux à nous poser vos questions sur Ebola. Voici les réponses de la rédaction de «20 Minutes»...

R.S.

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Un homme portant un T-shirt "Ebola est réel" regarde le nouveau centre de traitement des malades atteints du virus Ebola à Monrovia, le 28 septembre 2014
Un homme portant un T-shirt "Ebola est réel" regarde le nouveau centre de traitement des malades atteints du virus Ebola à Monrovia, le 28 septembre 2014 — Pascal Guyot AFP

Alors que l'épidémie a déjà tué plus de 3.300 personnes en Afrique de l'Ouest, de nombreuses questions se posent sur l'exportation de la maladie sur d'autres continents. La rédaction de 20 Minutes tente d'y répondre.

Matthieu: Nous avons un séjour de prévu au Sénégal à la fin du mois de décembre. Quelles mesures devons-nous prendre avant de partir?

Jusqu’à présent, le Sénégal est relativement épargné par Ebola. Le virus y a été repéré chez un seul patient depuis le début de l’épidémie. Il s’agissait d’un étudiant guinéen, guéri depuis, qui a été rapatrié dans son pays d’origine. A ce jour, les autorités sénégalaises ont décidé jusqu’à nouvel ordre de fermer leurs frontières terrestres avec la Guinée et de suspendre les vols entre Dakar et Conakry. Elles ont étendu ces mesures aux frontières aériennes et maritimes pour les avions et navires en provenance de Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. A l’exception des voyageurs en provenance de ces trois pays, il n’existe aucune restriction pour les ressortissants français se rendant au Sénégal. Il n’y a donc aucune mesure à prendre avant de partir et pas vraiment d’inquiétude à avoir concernant ce pays.

Evelyne: Les mouches et moustiques qui pullulent en Afrique peuvent-ils transmettre Ebola? 

Non Evelyne, les mouches et moustiques ne transmettent pas Ebola, comme nous l’expliquait le virologue Sylvain Baize récemment dans une interview. A l’origine, le réservoir naturel d’Ebola est la chauve-souris frugivore, présente en Afrique centrale. Les scientifiques ont observé un déplacement vers l’Afrique de l’Ouest en trouvant notamment des singes contaminés, morts. La transmission de l’animal à l’homme s’effectue au contact des fluides (sang, viscères, déjections, etc.) de l’animal. Dans cette région de l’Afrique, la chauve-souris est un mets de choix. Il est donc très déconseillé d’en manger, mais l’éducation des populations n’est pas encore optimale. Entre hommes, la transmission s’effectue aussi au contact des fluides du malade. Pas par voie aérienne comme la grippe.

Corentin: Peut-on guérir d'Ebola?

Oui. Les médecins estiment à environ 60% le taux de mortalité du virus lorsqu’on est infecté. La période d’incubation de la maladie est de 21 jours. Plus on est détecté tôt, plus on a de chances de survivre. Par ailleurs, il n’existe de vaccin reconnu contre Ebola à ce jour, même si deux modèles américains sont actuellement testés en suivant une procédure accélérée d’expérimentation.

Julien: Quel est le risque pour qu'Ebola se propage en France?

Nous avons posé à plusieurs reprises cette question à des spécialistes. Le risque zéro n’existe pas. Mais il y a très peu de chances que cela arrive. L’explication de Noël Tordo, responsable de l’unité stratégies antivirales à l'Institut Pasteur de Paris est la suivante: «Une épidémie même localisée dans un pays occidental est fort peu probable. S’il y a une suspicion d’Ebola, on vous fait un test d’Ebola. Si vous l’avez, on vous met dans une chambre sous pression avec la sécurité nécessaire. Même si la personne a été en contact avec des personnes, ces personnes vont être suivies de manière efficace parce que les gens seront plus motivés (qu’en Afrique). Un des drames de la situation actuelle d’Ebola, c’est qu’il était limité à des régions forestières. Maintenant, on trouve la maladie dans des villes. Il est plus difficile de suivre quelqu’un dans une capitale que dans la forêt où tout le monde connaît tout le monde. Il ne faut pas être alarmiste.» En France, aucun patient n’a déclaré la maladie sur le territoire. Le médecin suivi à l’hôpital Bégin a contracté la maladie en Afrique avant d’être rapatrié.

Les traitements par sérums de convalescence sont-ils efficaces ?

Pour l’instant, on ne le sait pas vraiment. L’OMS a en effet validé l’expérimentation des sérums de convalescence. L’idée est de récupérer du sang chez des personnes ou des animaux affectés par le virus, en phase de rémission. Dans cet état, leur organisme produit des anticorps qu’il s’agit de récupérer pour les transfuser sur des malades. Les anticorps en question se trouvent dans le sérum, la partie liquide du sang. Mais de nombreuses interrogations n’ont pas été éclaircies par les médecins. «On ne peut pas se prononcer, souligne Sylvain Baize. Jusque-là, les essais effectués n’étaient pas très carrés». Pour que l’anticorps soit efficace, celui-ci doit être «neutralisant». Or tous les anticorps générés par une personne infectée ne le sont pas. Selon les scientifiques, il est particulièrement difficile d’isoler les anticorps efficaces.