Biologistes, dentistes, kinés, médecins, pharmaciens: Cinq préoccupations pour une seule grève

SANTE Plusieurs syndicats de professions libérales de santé appellent à la grève pour la journée de mardi…

R.S.

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Illustration du matériel médical d'un médecin généraliste.
Illustration du matériel médical d'un médecin généraliste. — VALINCO/SIPA

Pour un rendez-vous médical de routine, mieux vaut réorganiser son agenda. De nombreux cabinets devraient rester fermés mardi, répondant à l’appel à la grève lancé par les syndicats de plusieurs professions libérales de santé. Cette journée est destinée à lutter contre le projet de réforme des professions réglementées, mis en place par le ministère de l’économie. Mais à chaque corps de métier ses revendications propres. 

Les généralistes. Trois syndicats (CSMF, MG-France et le SML)  invitent les médecins à poser leur stéthoscope et à participer aux rassemblements. Des syndicats de spécialistes (chirurgiens, pédiatres, ORL) ont également rejoint le mouvement. Ils s'en prennent surtout au projet de loi santé, attendu pour octobre. Ce projet va placer, selon eux, la médecine libérale sous la coupe de l'administration. Il devrait également  conduire à un « éclatement de la profession » en accordant de nouvelles prérogatives aux sages-femmes et aux pharmaciens en matière de vaccination.

Les dentistes. Cette journée sans dentistes est également initiée par trois syndicats. Ils craignent d’abord la suppression du numerus clausus. Mais aussi que les patients puissent à l'avenir se faire poser des prothèses directement par les prothésistes. Il y a quelques semaines, l'un des principaux syndicats de blouses blanches avait déjà profité de la polémique des « sans dents » pour inviter le président à « rendre le sourire aux Français ». «Vous devez dénoncer le désengagement permanent de l'assurance-maladie depuis des décennies. Vous savez qu'en 30 ans le remboursement des prothèses a été divisé par deux».

Les pharmaciens. Deux mesures les inquiètent au plus au point. La menace sur la fin de leur monopole concernant la vente de médicaments puisque certains d’entre eux pourraient trouver place dans les rayons de supermarchés. En vente libre, donc, sans ordonnance ni conseil professionnel. Par ailleurs, ils s'opposent à l'ouverture éventuelle du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) et à l'arrivée d'actionnaires non-pharmaciens dans leurs officines.

Les biologistes médicaux. Si l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral est retenue dans le projet de loi, les biologistes redoutent un changement de philosophie radical concernant les examens de biologie médicale. Ils ne souhaitent pas laisser ces actes aux mains d’intérêts financiers dans la mesure où ils sont à l’origine de 60 à 70% des diagnostics médicaux.

Les kinés. Même si la profession n’est pas officiellement concernée par le projet de réforme, le principal syndicat des kinés (la FFMKR) n’a pas apprécié que leurs revenus soient pointés dans le rapport de l'Inspection générale des finances. Il fustige aussi le projet d'ouverture des SEL et la fin éventuelle du numerus clausus.