Pourquoi l’OMS recommande-t-elle l’allaitement maternel?

SANTE L’Organisation mondiale de la santé estime que le lait maternel est la meilleure nourriture pour le nourrisson…

Audrey Chauvet

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L'allaitement maternel d'un bébé.
L'allaitement maternel d'un bébé. — Sipa

Il faudrait pouvoir leur demander, mais à en croire l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rien n’est meilleur pour les bébés que de têter leur maman. Comme chaque année à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel du 1er au 7 août, l’OMS rappelle les bénéfices de l’allaitement pour les nourrissons. D’après l’OMS, allaiter est «l’un des moyens les plus efficaces de préserver la santé et d’assurer la survie de l’enfant» et recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’aux six mois du nourrisson.

«L’OMS s’adresse aux pays en développement, nuance Patrick Tounian, pédiatre et nutritionniste à l’hôpital Armand-Trousseau à Paris. L’allaitement reste pour ces pays le moyen le plus fiable sur le plan nutritionnel et sanitaire». Face aux épidémies ou aux eaux insalubres, l’OMS encourage donc à nourrir les bébés exclusivement au sein pendant six mois puis à compléter le lait maternel par d’autres aliments jusqu’à l’âge de deux ans. Dans les pays occidentaux, la diversification de l’alimentation devrait être faite plus tôt, entre 4 et 6 mois, recommande le docteur Tounian.

Protection contre les infections et les allergies

Les médecins s’accordent, à quelques exceptions près, sur les bienfaits de l’allaitement pour tous les bébés: «L’allaitement a des bénéfices très probables pour la protection contre les infections, notamment virales, digestives et ORL, poursuit le pédiatre. C’est son intérêt principal dans les pays en développement, mais aussi chez nous.» Le sein peut aussi éviter les allergies grâce aux «fragments de protéines ingérés par la mère qui passent intacts dans son lait et pourraient favoriser la constitution de la tolérance alimentaire», explique le docteur Tournian.

Autre argument avancé par l’OMS, l’allaitement aurait également des vertus pour la santé de la maman. Il réduirait notamment le risque de cancers du sein et des ovaires. Aucune étude n’a toutefois permis de le démontrer et le docteur Tournian explique que les biais sont trop nombreux pour pouvoir effectuer des comparaisons entre mères: «Les classes aisées allaitent statistiquement plus que les familles pauvres», précise-t-il. Le niveau de vie, l’accès aux soins médicaux et l’hérédité portent donc également leur part de responsabilité.

Quant à savoir si l’allaitement favorise les quotients intellectuels élevés chez les enfants, comme le montrait une étude de l’université de Harvard parue en 2013, ou réduit les risques d’obésité de l’enfant, le lien de cause à effet reste à approfondir, estime le médecin.