Ramadan: Pourquoi on risque de prendre du poids avec la fin du jeûne

NUTRITION Après un mois de repas décalés en début et fin de journée…

Romain Scotto
— 
Des étalages installés dans une épicerie de Barbès à Paris, lors du ramadan. Le 6 octobre 2005.
Des étalages installés dans une épicerie de Barbès à Paris, lors du ramadan. Le 6 octobre 2005. — SIMON ISABELLE/SIPA

Même si certains pays ont fixé la fin du ramadan à mardi, les musulmans de France y mettent fin lundi soir. La fête de la rupture du jeûne tombe ainsi le premier jour du mois dit de «chawwal», marqué par l’Aïd el-Fitr.


A travers cette fête, le fidèle s’acquitte de l’aumône, prie, rend visite à ses proches pour leur présenter ses vœux et retrouve une alimentation échelonnée pendant la journée, sans attendre le lever ou le coucher du soleil.

Se jeter sur la nourriture

Pour l’organisme, le changement n’est pas sans conséquences, indique Delphine Bourlier, nutritionniste à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). «C’est plutôt dans cette période, juste après le ramadan, qu’on prend du poids. C’est une semaine cruciale de ce côté-là.» Toutes les personnes respectant le jeûne ne sont pas sujettes à une prise excessive de kilos, mais pour une majorité d’entre eux, «la sensation de faim s’accentue dans les jours qui suivent le mois de repas décalés. Car pendant le ramadan, le foie coupe toutes les sensations, poursuit la nutritionniste. Mais après elles sont décuplées. Dès qu’ils recommencent à manger normalement, une heure après, ils risquent d’avoir encore horriblement faim.» 

Le risque étant alors de se jeter sur la nourriture en s’autorisant tout ce dont on s’est privé précédemment. Quand elle reçoit ses patients, la spécialiste leur conseille de se forcer à manger raisonnablement, à heures fixes, en limitant les quantités et les aliments de types fritures ou pâtisseries. Sur le plan physiologique, le principe est le même pour tous les régimes restrictifs. Quand le corps est privé de nourriture sur un laps de temps prolongé, il a ensuite tendance à stocker de manière plus importance. D’où l’erreur commise par de nombreux fidèles qui accusent le ramadan d’être responsable de leur prise de poids. Alors que les «excès» des lendemains de fête ont bien plus de conséquences.