Sida: La circoncision réduit aussi le risque de contamination pour les femmes

SCIENCES Selon une étude présentée ce vendredi lors de la conférence internationale sur la maladie…

C.P. avec AFP
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Illustration: sida, recherche et médecine.
Illustration: sida, recherche et médecine. — FAROOQ NAEEM / AFP

Un nouvel espoir pour les campagnes de prévention du sida: promouvoir la circoncision, pour réduire la contamination par le virus du sida, ne bénéficierait pas seulement aux hommes mais aussi à leurs partenaires.

Deux fois moins de contaminations

Selon une nouvelle étude française*, réalisée au sein d'une communauté sud-africaine où de nombreux hommes avaient été circoncis les femmes ayant des relations sexuelles avec uniquement des hommes circoncis ont un risque d'être contaminée inférieur de 15% par rapport aux femmes ayant des partenaires dont certains étaient circoncis.

Dans le détail, plus de 30% des femmes ont indiqué n'avoir des relations qu'avec des hommes circoncis et 17,8% d'entre elles ont été infectées pendant la période de l'étude. Chez les femmes ayant des relations avec des hommes non circoncis, le taux d'infection était quasiment le double, à 30,4%.

«La réduction du risque est faible mais c'est un début», a déclaré un des auteurs de l'étude, Kevin Jean, de l'agence française nationale de recherche sur le sida (ANRS).

Baisse de 50 à 60% du risque de contamination chez les hommes

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande la circoncision, sur la base du volontariat, aux hommes de 14 pays de l'Afrique subsaharienne dotés de taux élevés d'infection. Ces recommandations s'appuient sur trois études test conduites en Afrique du Sud, au Kenya et en Ouganda, qui ont démontré que la circoncision réduisait les risques de contamination, pour les hommes, de 50 à 60%.

Restait à connaître l'impact de la circoncision sur les risques de contamination pour les femmes. Dans un entretien avec l'AFP, Kevin Jean a expliqué que les femmes n'ayant que des partenaires circoncis étaient relativement peu nombreuses. Et ces femmes étaient moins susceptibles d'avoir plusieurs partenaires, et donc ont moins de risques d'être infectées.

Ces conditions expliquent pourquoi le taux de baisse du risque de contamination --15% en moyenne pendant la durée de l'étude-- est si faible, a ajouté le chercheur.

Une autre étude, de l'université d'Illinois (Chicago) et présentée lundi à Melbourne, avait par ailleurs montré que les hommes circoncis n'en continuaient pas moins d'utiliser le préservatif.

*L'étude de l'ANRS a travaillé avec 2.452 femmes âgées entre 15 et 29 ans qui vivent à Orange Farm (Afrique du Sud). Des tests sanguins ont eu lieu en 2007, 2010 et 2012 et les femmes étaient interrogées sur leur partenaire(s) sexuel(s). Le taux de circoncision des hommes est passé de 12% à 53% pendant la durée de l'étude.