Schizophrénie: Une vaste étude génétique offre un nouvel éclairage sur la maladie

RECHERCHE Les résultats pourraient stimuler le développement de nouveaux traitements pour la schizophrénie…

20 Minutes avec AFP

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L'étude publiée mardi apporte de nouvelles pistes décisives pour la compréhension des causes de la schizophrénie.
L'étude publiée mardi apporte de nouvelles pistes décisives pour la compréhension des causes de la schizophrénie. — ANTONIO SCORZA / AFP

Une vaste étude a permis d’identifier plus d’une centaine de variations génétiques associées au risque de développer une schizophrénie, apportant de nouvelles pistes décisives pour la compréhension des causes de cette maladie complexe et peut-être pour mieux la traiter, selon des chercheurs.

Réalisée par un consortium international de généticiens, l’étude est publiée jeudi dans la revue scientifique Nature. Il s’agit de la plus importante conduite jusque-là dans le domaine psychiatrique. L’étude a en effet porté sur plus de 150.000 individus, dont près de 37.000 patients.

80.000 prélèvements passés au crible

Plus de 300 chercheurs, issus de 35 pays, ont ainsi identifié, à partir de plus de 80.000 prélèvements, 128 variations génétiques indépendantes, dans 108 régions précises du génome, dont 83 nouvelles, pouvant contribuer à la prédisposition à la maladie.

La plupart de ces variations concernent des gènes impliqués dans la transmission de l’information entre les neurones (« neurotransmission ») et dans des fonctions essentielles à la mémoire et l’apprentissage.

Des associations supplémentaires entre des gènes de l’immunité et le risque de schizophrénie, confortent l’hypothèse d’un lien entre une dysfonction du système immunitaire et la maladie.

«La génétique, une cause majeure de cette maladie»

« Ces nouveaux résultats pourraient stimuler le développement de nouveaux traitements pour la schizophrénie », estime Michael O’Donovan, de l’Université de Cardiff (Grande-Bretagne), auteur principal de cette recherche.

« Cette découverte confirme que la génétique est une cause majeure de la maladie » soulignent deux spécialistes Jonathan Flint et Marcus Munafo (Grande-Bretagne) dans un commentaire dans la revue, en rappelant que le déni des « racines biologiques » de la maladie a souvent prévalu et a même fait l’objet d’un rejet pur et simple par le mouvement antipsychiatrique des années 1970.

24 millions de personnes touchées dans le Monde

La schizophrénie, qui survient généralement à l’adolescence ou chez le jeune adulte, touche plus 24 millions de personnes dans le monde. Elle se manifeste par des épisodes aigus de psychose, pouvant inclure hallucinations et délires, et divers symptômes chroniques se traduisant par des troubles affectifs et intellectuels. Des traitements sont disponibles mais leur efficacité mérite d’être améliorée, soulignent les chercheurs. Les médicaments actuels traitent en effet les symptômes de la psychose mais ont peu de portée sur l’affaiblissement des capacités cognitives, note le Broad Institute américain dans un communiqué.