Burn-out: Plus d'un étudiant sur cinq concerné par le surmenage

SANTE Selon une enquête de la mutuelle complémentaire Smerep, sur la santé des étudiants…

Romain Scotto

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Nantes, le 02/11/2010 Assemblee generale a la faculte de droit pour decider de continuer ou non le blocus
Nantes, le 02/11/2010 Assemblee generale a la faculte de droit pour decider de continuer ou non le blocus — © Fabrice ELSNER

Un temps de trajet excessif pour aller en cours, des nuits raccourcies par les révisions, une alimentation douteuse et une place de plus en plus restreinte pour les loisirs. La vie des étudiants français en 2014 n’est pas forcément celle des têtes à claques du film American Pie. Le cliché de l’élève de fac insouciant, plus porté sur le bal de promo que sur ses concours, est bien loin de la réalité, selon une étude Harris Interactive sur la santé des étudiants français en 2014. Commandée par la Smerep, elle révèle notamment la présence d’un public de plus en plus exposé au risque de burn-out puisque 22 % des étudiants en France sont concernés par les conséquences du surmenage.

Selon l’étude, leur style de vie explique en partie ce chiffre. Pour des raisons diverses (révisions, trajets, stress), 80 % des étudiants dorment moins de 8h par nuit et 39 % sautent au moins un repas par semaine. Cette population démontre dans le même temps une certaine fragilité psychologique puisque 68 % des étudiants se sont sentis «tristes ou déprimés» au cours des 12 derniers mois. 57 % affirment avoir «perdu confiance» en eux et «se sentir bon à rien». Autant de signes de mal-être qui les rapprochent du burn-out.

«Je n’ai pas connu la vie étudiante rêvée»

David, 25 ans et étudiant en septième année de médecine (en gynécologie), connaît bien la problématique. «On passe notre vie à bosser et on ne sort pas. Moi, ça va, mais ma copine n’est pas loin de craquer. Elle est interne à l’hôpital et fait du 8h-20h30, samedi compris. Elle n’a plus le goût de ce qu’elle fait.» Le jeune homme avoue également qu’il a longtemps été un étudiant triste et sous pression. «Je ne le suis plus parce que je commence à voir le bout. Mais j’ai été blasé. Je n’ai pas connu la vie étudiante rêvée.»

Lorsqu’ils sont en situation de mal-être, les étudiants en parlent principalement à leur famille ou leurs amis. Mais 36 % s’isolent. Nathalie, membre du «Club étudiant» qui vient en aide à Paris à ceux qui cherchent un job ou un logement, voit de plus en plus de jeunes «désespérés». «Ils disent qu’ils n’y arrivent pas, n’ont pas confiance en l’avenir et veulent rentrer en province ou carrément partir à l’étranger.» Au sein de l’association, elle gère notamment les offres d’emplois étudiants: «Des missions ponctuelles ou du temps partiel, en hôtessariat, baby-sitting, restauration. Mais parfois, ça va jusqu’au temps plein.» Pour les révisions, cela ne laisse plus beaucoup de temps.