On a testé la cabine de téléconsultation médicale

MEDECINE Un dispositif destiné à lutter contre les déserts médicaux…

Romain Scotto

— 

Un patient teste la cabine de télémédecine, le 25 juin 2014 à Paris.
Un patient teste la cabine de télémédecine, le 25 juin 2014 à Paris. — R.Scotto/20minutes

«Bonjour Monsieur, veuillez fermer la porte. C’est la première fois que vous avez des palpitations? Vous fumez? Vous prenez des médicaments particuliers?» Les questions du docteur Sebban pourraient être posées dans n’importe quel cabinet. Sauf que ce médecin généraliste expérimente un nouveau type de consultation, à distance, en livrant ses conseils à travers un petit écran. Le malade, lui, est assis dans une petite cabine, équipée de plusieurs outils médicaux. A quelques dizaines kilomètres de distance, il est donc possible de procéder à une batterie d’examens sans jamais mettre les pieds chez son médecin.

Pouls, tension, température, taux d’oxygénation du sang, actes de dermatologie ou ORL. Cette installation développée par Franck Baudino, un médecin généraliste, vise à lutter contre l’isolement sanitaire et les déserts médicaux. «Là, je vous appelle du centre de consultation de la maison médicale de garde qui se trouve dans les Alpes. A 50 km de votre cabine», glisse le médecin lors de cette consultation fictive. Chaque jour, une vingtaine de patients utiliseraient cette «Consult station» en France, aiguillés par un professionnel. «L’objectif, c’est d’offrir à tout le monde un médecin de proximité et une offre de santé. On veut faire voyager l’information plutôt que le patient», indique Franck Baudino qui commercialise ces machines essentiellement dans des résidences services, maisons de retraites, ou même au sein de collectivités locales pour un loyer minimum de 1.700 euros par mois.

Pas encore de prescription d’ordonnances

Dans un service hospitalier d’urgences, la cabine permet également de réaliser les examens basiques, réduisant de 30 % les temps d’attente. A chaque fois, un système de permanence des soins est mis en place avec les médecins du département ciblé. Qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Pour ce docteur entrepreneur, il n’est donc pas question de concurrencer leur activité. «C’est un outil qui complète l’action du médecin. La machine ne fait rien seule, le médecin interprète les données.»

Dans la cabine, le malade place lui-même son stéthoscope ou son brassard à tension. A la fin de l’examen, un ticket récapitulatif est imprimé avec toutes les données médicales enregistrées. En revanche, pas d’ordonnance. Légalement, la prescription par télé consultation n’est pas encore autorisée. Quant au remboursement, il n’est pas assuré par la sécurité sociale, mais par des enveloppes allouées par les Agences régionales de santé.