Bac 2014: Les nouveaux produits dopants des étudiants

SANTE A deux semaines des examens du bac, ou des partiels universitaires, tout est bon pour booster ses performances…

Romain Scotto

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Photo d'illustration d'une étudiante tentée par le dopage en période de révision
Photo d'illustration d'une étudiante tentée par le dopage en période de révision — DURAND FLORENCE/SIPA

Dans les pharmacies françaises, le mois de juin n’est pas seulement celui du rhume des foins ou des premiers coups de soleil. A deux semaines des examens du bac et des partiels d’université, les étudiants ont toujours tendance à se rendre en officine pour préparer leurs examens.

Selon l’Observatoire national de la vie étudiante, 16 % des étudiants auraient déjà pris des substances pour améliorer leurs capacités intellectuelles en période de révisions. «Parfois en quête d’une solution miracle qui n’existe pas», indique Corine Vaillant, médecin scolaire qui suit plusieurs élèves de terminale. «Ils n’ont pas beaucoup d’argent donc se contentent généralement du café, de vitamines anodines ou de l’alcool pour déstresser. Mais, il y a des questions. Parfois, ils demandent des renseignements sur des médicaments dont ils ont entendu parler et dont on n’a pas connaissance nous-mêmes.»

Pour muscler leur cerveau, certains se ruent sur les «Pack Exam», ces cures de vitamines ou compléments alimentaires au packaging soigné. A raison de quatre pilules par jour, ils espèrent ainsi lutter contre la fatigue, évacuer le stress, stimuler leur mémoire ou oxygéner leur cerveau. Un «dopage» gentillet qui n’a rien d’inquiétant si les dosages sont respectés, observe Gilles Bonnefond, président délégué de l’union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). «Nous ne sommes habilités à délivrer des médicaments ou compléments alimentaires délivrés sans prescription. On ne peut pas assimiler ça à des produits détournés ou à des excès.»

La Ritaline et ses effets à long terme

Pour le praticien, le danger est plutôt sur Internet où les étudiants font généralement leur marché à l’aveuglette. «Quand on sait que 50 % des produits vendus sur le Web sont des faux, il y a de très mauvaises surprises.»

Dans son cabinet parisien, le docteur Dan Velea reçoit depuis plus d’un mois des étudiants qui ont eu «le réflexe de la molécule au lieu de se mobiliser pour travailler.» Des jeunes accrocs aux anxiolytiques ou au cannabis. Ce spécialiste des addictions suit aussi des cocaïnomanes tombés dans la drogue en préparant les concours des grandes écoles. «Parce qu’ils ont besoin de quelque chose de dopant.» Il évoque aussi les consommateurs d’amphétamines, et surtout de Ritaline, ce produit prescrit aux hyperactifs ou aux malades d’Alzheimer, qui a la capacité d’augmenter la concentration.

Plus d’un étudiant sur quatre y aurait recours aux Etats-Unis. Sur les forums spécialisés, un élève jure s’être transformé en «superordinateur» après une prise. Un autre aurait «pété des putains de scores avec quatre heures de sommeil avant chaque exam.»

Pour le spécialiste, ces comportements sont clairement dangereux. Voire suicidaires. «Il y a des risques cardiovasculaires et des risques de compensation psychiques évidents», indique le docteur Velea. A long terme, l’addiction à la Ritaline peut aussi avoir des effets néfastes sur le fonctionnement du cerveau. Dans ce cas-là, les plus beaux diplômes ne servent plus à grand-chose.

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