Perte de tubes contenant du SRAS: Deux ministres mettent en cause l'Institut Pasteur

SANTE C'est une information Mediapart...

20 Minutes avec AFP
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La ministre de la Santé Marisol Touraine, le 2 mai 2014 à Paris
La ministre de la Santé Marisol Touraine, le 2 mai 2014 à Paris — Jacques Demarthon AFP

Deux ministres ont accusé l'Institut Pasteur de négligences après la perte de plus de 2.000 tubes contenant des fragments du virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) dans une note confidentielle, indique mardi le site d'information Mediapart.

Selon Mediapart, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, et Benoît Hamon, ministre de l'Education nationale et de la Recherche (dont dépend l'Institut Pasteur), énumèrent une série d'anomalies dans une note confidentielle en date du 16 avril: «Forte probabilité de destruction (des échantillons) non ordonnée par les responsables et sans traçabilité, retard de deux mois dans la transmission de l'information aux autorités compétentes, listes des personnes habilitées non initialement disponible, congélateurs non sécurisés, absence de vidéosurveillance, archives non disponibles le weekend».

«Aucun potentiel infectieux»

Interrogé par l'AFP sur cette note confidentielle, le ministre des Affaires sociales n'a pas fait de commentaire. L'institut Pasteur a annoncé le 13 avril avoir perdu 2.349 petits tubes de virus du SRAS contenus dans 29 boîtes dans un laboratoire habilité à conserver des organismes hautement pathogènes, tout en précisant qu'ils n'avaient «aucun potentiel infectieux». Les tubes étaient conservés dans un congélateur.

Leur perte avait été constatée en janvier dernier lors d'un inventaire mais signalée seulement deux mois plus tard à l'Agence du médicament et des produits de santé (ANSM). Informée le 28 mars, l'ANSM a mené une inspection du 8 au 12 avril qui «n'a pas réussi à déterminer ce qu'il était advenu des souches», a indiqué mardi Gaétan Rudant, directeur de l'inspection à l'ANSM.

«Un problème de gestion de la traçabilité au sein de l'Institut»

«Nous avons conclu à un problème de gestion de la traçabilité au sein de l'Institut», a-t-il ajouté, tout en soulignant que pour l'ANSM comme pour l'Institut Pasteur, «il n'est pas acceptable que du matériel biologique soit perdu». A la mi-avril, le professeur Christian Bréchot, directeur général de l'Institut Pasteur, avait estimé que les tubes avaient probablement été détruits et «autoclavés» (stérilisés) sans que cela ait été noté.

L'institut avait également porté plainte contre X pour faire toute la lumière sur l'affaireLes activités de recherche du laboratoire ont été suspendues par l'ANSM qui a également demandé un nouvel inventaire «tube à tube dans tous les laboratoires de l'Institut Pasteur habilités à manipuler des micro-organismes et toxines (MOT)», a précisé Me Rudant. Cet inventaire est toujours en cours.