Contraception: La crise de la pilule a fait progresser les autres méthodes

SANTE Selon l'étude Fécond de l'Inserm et l'Ined, le débat médiatique sur la pilule en 2012-2013 a eu un effet fort sur le paysage contraceptif français...

Delphine Bancaud

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La Commission européenne a imposé mardi à la France de remettre sur le marché le traitement anti-acné Diane 35, largement prescrit comme pilule contraceptive avant son retrait en mai au vu des risques de thrombose
La Commission européenne a imposé mardi à la France de remettre sur le marché le traitement anti-acné Diane 35, largement prescrit comme pilule contraceptive avant son retrait en mai au vu des risques de thrombose — Philippe Huguen AFP

La polémique a engendré de nouvelles pratiques. Le débat médiatique de 2012-2013 autour des pilules de 3e et 4e générations a provoqué une désaffection à l’égard de cette forme de contraception, comme le souligne l’enquête Fécond menée en 2013 par l’Inserm et l’Ined auprès de plus de 4.400 femmes et 1.500 hommes, révélée ce mardi. Les Françaises ont tendance à se tourner vers d’autres méthodes, qui ne sont pas toujours jugées aussi efficaces.

La polémique sur le risque des pilules de 3e et 4e générations a enflé en janvier 2013 à la suite de la plainte d’une victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) imputé à une pilule de 3e génération. Le ministère de la Santé décide alors de ne plus rembourser ce type de pilule à compter du 31 mars 2013, renforçant ainsi la suspicion des Françaises vis-à-vis de ce moyen de contraception. Un mouvement de désaffection avait démarré au début des années 2000, beaucoup de femmes jugeaient la pilule contraignante. Résultat: en l’espace d’une décennie, le recours à la contraception orale a chuté de 14 points en France.

Des choix liés à la situation sociale

Pour autant, les femmes continuent à utiliser massivement un moyen de contraception, seulement 3% d’entre elles n’en ayant aucun. Mais une femme sur cinq affirme avoir changé de méthode: en optant pour le stérilet (+1,9 point), le préservatif (+3,2 points), ou les méthodes dites «naturelles», comme le ciblage des rapports en dehors des dates de fécondabilité ou le retrait (+3,4 points).

La situation sociale des femmes semble jouer à plein dans leurs choix, puisque les femmes ayant un niveau de vie satisfaisant ont souvent opéré un transfert des nouvelles pilules vers les contraceptifs oraux plus anciens, alors que les femmes en situation financière difficile se sont en partie tournées vers les méthodes dites «naturelles». Ces dernières posant clairement la question de leur efficacité…

Et si aucune hausse des grossesses non désirées n’a pas été constatée depuis 2013, «son augmentation pourrait toutefois se produire dans certains sous-groupes» de la population, souligne l’étude.

>> TÉMOIGNAGES - Depuis la polémique liée aux pilules de dernière génératiion, vous expérimentez une méthode «naturelle» de contraception? Retrait, technique Ogino, calcul des températures, racontez-nous pourquoi vous avez fait ce choix et comment ça marche. Témoignez dans les commentaires ou écrivez-nous à contribution@20minutes.fr