Comment éviter de s’abîmer la santé au travail?

SANTE A l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, «20 Minutes» fait le point sur les moyens de prévenir les risques psycho-sociaux...

Nicolas Beunaiche

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Un salarié en entreprise.
Un salarié en entreprise. — OJO IMAGES/REX FEATURES/SIPA

Travailler nuit gravement à la santé. Si votre contrat d’embauche ne contient pas encore cette petite ligne, de nombreuses études confirment tout de même que le monde de l’entreprise, en particulier, a des effets néfastes sur le bien-être des salariés. Du stress au workaholism en passant par le burn-out, les risques psychosociaux sont légion. Mais pas irrémédiables. Voici quatre conseils pour les prévenir.

Etre attentif aux signaux d’alerte

Les avertissements peuvent être nombreux. «L’absentéisme, les démissions et les arrêts maladies doivent notamment alerter la direction d’une entreprise, explique Philippe Zawieja, qui a codirigé la rédaction du Dictionnaire des risques psychosociaux. Mais le surprésentéisme, qui consiste à venir travailler même quand on est malade ou à rester très tard le soir, est aussi problématique.» Un stress excessif se manifeste en premier lieu par des effets physiques. «Une fatigue chronique contre laquelle le sommeil et les week-ends ne peuvent rien, une somnolence en journée, des migraines ou encore des ulcères à l’estomac», liste Philippe Zawieja. Mais le stress a aussi des effets sur le comportement. La froideur, le cynisme, le sentiment d’être inutile en sont quelques manifestations, selon le docteur en psychiatrie Marie-Pierre Guiho-Bailly.

Identifier les raisons du mal-être

Chaque cas d’épuisement est différent. Mais les grands facteurs qui y conduisent sont identifiés. Les DRTEFP (Directions régionales du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle) les classent généralement en quatre catégories: les facteurs liés aux exigences du travail (surcharge, monotonie, pénibilité des tâches…), les facteurs liés aux exigences des salariés vis-à-vis de leur travail (manque de reconnaissance, sur ou sous-qualification, rémunération insatisfaisante…), les facteurs liés aux relations de travail (difficultés avec les supérieurs ou avec les subordonnés), et enfin les facteurs liés à un vécu difficile des changements (concurrence accrue, incertitude sur l’avenir…). Les salariés ne sont évidemment pas à l’abri de cumuler plusieurs de ces facteurs d’épuisement. Ce qui le rend d’autant plus difficile à cerner.

Se ménager et se relaxer

Dans un premier temps, Philippe Zawieja conseille de se relaxer, de se ménager. «Il faut accepter l’idée que l’on a besoin d’une vie sociale, de ressources à l’extérieur du travail, des passions», avance-t-il. De même, les techniques de relaxation (sophrologie, yoga…) peuvent aider à diminuer la pression. Mais ce ne sont que des «pansements», des «rustines», précise Philippe Zawieja. Car si elles ont des effets immédiats, elles ne s’attaquent pas aux causes du malaise.

Alerter son employeur

Souvent, l’employeur est le plus à même de trouver des solutions au mal-être d’un salarié. C’est en effet à lui «d’adapter les ressources du salarié en quantité et en qualité, de garantir que son temps de repos est suffisant pour être bénéfique, ou encore de veiller à ne pas l’épuiser avec des tâches supplémentaires ou des réunions inutiles», explique Philippe Zawieja. Mais l’entreprise ne peut évidemment pas tout. Lorsqu’elle a activé tous les leviers d’action possibles, elle est obligée de passer le relais à un psychologue puis au médecin du travail. La phase de guérison a alors succédé à celle de prévention.