Assurance maladie: Un plan d’économies qui ne devrait pas peser sur le portefeuille des patients

SANTE Les associations intervenant dans le champ de la santé accueillent plutôt favorablement le plan d’économies présenté par Marisol Touraine présenté ce vendredi…

Audrey Chauvet
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Une feuille de remboursement de l'Assurance maladie.
Une feuille de remboursement de l'Assurance maladie. —

«Nous consommons trop de médicaments, trop de médicaments de marque et trop de médicaments chers.» Le constat de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, est partagé par les associations du secteur de la santé. Après la parution d’une interview de la ministre dans le quotidien Les Echos ce vendredi, dans lequel elle indique vouloir réaliser 10 milliards d’euros d'économies d’ici à 2017 sur l’Assurance maladie, le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) se félicite de mesures qui «ne font pas du patient la variable d’ajustement» tandis que l’Association nationale des accidentés de la vie (Fnath) salue le fait qu’«aucune mesure ne devrait toucher les malades puisqu’il ne devrait y avoir aucune franchise ou aucun déremboursement supplémentaire».

30 % d’actes inutiles en France

Baisser les prix des médicaments, favoriser la chirurgie ambulatoire et les génériques, faire la chasse aux actes inutiles: «L’effort sans précédent» voulu par Marisol Touraine ne choque pas du tout Christian Saout, administrateur du Ciss. «Des études ont montré que dans notre système de santé il y a des économies possibles. Par exemple, il y a environ 30% d’actes inutiles en France, chiffre-t-il. La chirurgie ambulatoire représente seulement 30% des hospitalisations en France contre 70% en Grande-Bretagne. Et sur dix consultations en France, neuf se terminent par une ordonnance contre seulement cinq aux Pays-Bas.»

Le gouvernement souhaite ainsi mettre l’hôpital à contribution à hauteur de 2 milliards d’euros et les interventions en ambulatoire, qui permettent au patient de sortir le jour même de l’hôpital, seront développées: «1,5 milliard pourra être économisé sur trois ans dans ce domaine dont près de 1 milliard pour la chirurgie ambulatoire», estime Marisol Touraine. Une opération sur deux devra être pratiquée sans hébergement à l’hôpital en 2016.

Changer des habitudes de prescriptions

Des économies à hauteur de 2,5 milliards d’euros sont également attendues en évitant «les actes inutiles ou redondants et la consommation de médicaments inadaptée». Des listes de médicaments recommandés pour chaque spécialité seront aussi mises en place «pour faciliter la qualité de la prescription» et les génériques devront représenter un quart du marché français en 2017.

Pour Christian Saout, l’avantage de ce plan d’économies est qu’il ne «fait pas du patient la variable d’ajustement et impose la concertation avec l’ensemble des parties prenantes du système de santé». Toutefois, son succès sera conditionné à la remise en cause de «comportements et organisations», estime l’administrateur du Ciss. «Les professionnels, les hospitaliers et les usagers vont devoir changer leurs habitudes, pense-t-il. Il faudrait aussi progresser sur le dossier médical électronique, annoncé en 2004 et toujours pas mis en œuvre, car cela permettrait aux différents professionnels de mieux se coordonner entre eux et d’éviter les actes inutiles.»