Hospitalisation de Valérie Fourneyron: Qu’est-ce qu'un «syndrome méningé»?

MEDECINE La secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire est hospitalisée depuis vendredi…

Romain Scotto

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La ministre des Sports Valérie Fourneyron, le 25 juillet 2013.
La ministre des Sports Valérie Fourneyron, le 25 juillet 2013. — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Moins d’une semaine après sa nomination en tant que secrétaire d’Etat, l’ancienne ministre des sports, médecin de formation, a été admise à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce vendredi. Victime d’un syndrome méningé, elle devrait être transférée dans les prochains jours dans un lieu «plus près de sa famille». Le docteur Georges Picherot, chef du service du CHU de Nantes et spécialiste des cas de méningites, décrypte cette pathologie.

Quels sont les symptômes? Avant d’être hospitalisée, Valérie Fourneyron souffrait de fortes céphalées (maux de tête), raideur de la nuque et vomissements. Trois des symptômes caractéristiques du syndrome méningé selon le médecin qui évoque aussi des syndromes grippaux classiques. «Beaucoup de fièvres virales de l’adulte s’accompagnent de syndromes méningés. Parmi eux, il y a des méningites», précise le docteur. Pour savoir s’il s’agit effectivement d’une méningite, «une ponction lombaire est nécessaire». Celle-ci déterminera la gravité de l’état de la secrétaire d’Etat. La forme la plus inquiétante étant la méningite fulminante, qui s’accompagne d’un «état de choc». Mais on peut penser que Valérie Fourneyron n’est pas dans ce cadre-là.

Quelles sont les causes? Elles peuvent être virales ou bactériennes mais également résulter d’une hémorragie méningée. «Les méningites d’origine bactériennes sont les plus graves et les méningites virales, totalement bégnines», précise le docteur Picherot. Généralement, ces cas sont plus fréquents chez l’enfant que l’adulte. Pour les méningites bactériennes, le spécialiste évoque une «contamination orale la plupart du temps. Par contact salivaire.» Pour les virales, «c’est la grippe», précise le médecin. Le contexte de stress, fatigue ou travail accru n’est pas spécifiquement évoqué. «Ce n’est pas lié. Les gens fatigués n’attrapent pas plus une méningite.»

Quel traitement? Même si on ne sait pas encore ce qui frappe précisément la secrétaire d’Etat, le communiqué médical indique une «convalescence, qui pourrait se prolonger sur une période longue». Sans plus de précision. Selon Georges Picherot, «les méningites bactériennes réagissent très bien aux antibiotiques, en cinq jours.» Des vaccins efficaces sont également appliqués. Pour les méningites virales, l’hospitalisation dure généralement quelques jours, mais n’entraîne pas de convalescence longue. «Dès qu’on va mieux, on sort, on peut reprendre son activité normale.»

Quelles séquelles? Tout dépend de la gravité de la maladie. Dans les méningites virales «il n’y a aucune séquelle». Pour les autres, cela dépend des atteintes neurologiques. Des cas de surdité peuvent être observés, ou plus grave, des séquelles fonctionnelles et des atteintes cérébrales. Concernant les méningites fulminantes, la mort du patient n’est pas à exclure.