Pourquoi il ne faut surtout pas garder ou jeter ses médicaments non utilisés

PHARMACIE Une nouvelle campagne télévisée encourage les Français à les rapporter dans les officines…

Claire Planchard
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Des médicaments dans une pharmacie
Des médicaments dans une pharmacie — Fred Dufour AFP

«Les médicaments sont utiles, ne les rendons pas nuisibles». Après une première campagne lancée en janvier, le slogan accrocheur de l’association Cyclamed est de retour sur les écrans de TF1 et M6 depuis lundi et jusqu’au 27 avril. Objectif: sensibiliser les Français aux risques environnementaux et sanitaires de ces «médicaments non utilisés» qui traînent dans nos placards ou que l’on jette négligemment dans nos poubelles ou dans nos éviers.

Pollution et risques sanitaires

«Ce réflexe est avant tout une démarche de protection de l’environnement car quand on jette des médicaments, il y a 40 % de risques qu’ils finissent dans des "décharges" et viennent polluer les eaux de surface et les eaux souterraines», explique-t-on au sein cette association regroupant l’ensemble de la profession pharmaceutique (pharmaciens d’officine, grossistes répartiteurs et laboratoires) et agréée par les pouvoirs publics, pour collecter et valoriser les Médicaments Non Utilisés (MNU) à usage humain, périmés ou non, rapportés par les patients dans les pharmacies.

Côté santé, l’impact de ces résidus médicamenteux présents dans l’eau suscite aussi beaucoup d’inquiétude: si «les experts concluent à un risque négligeable pour la santé suite à l’ingestion de ces molécules via les eaux destinées à la consommation humaine», «en termes d’exposition, peu de données robustes sont disponibles quant à la contamination des eaux destinées à la consommation humaine en France par les résidus de médicaments», expliquait ainsi en mai 2013 dans ses derniers travaux l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui étudie la question depuis 2006.

Résistance aux antibiotiques ou dérèglement du système endocrinien (système hormonal), de lourds soupçons pèsent ainsi toujours sur l’impact de ces résidus de médicaments, notamment chez les fœtus, nourrissons ou personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Accidents domestiques

Mais le principal risque sanitaire de ces MNU reste encore le risque d’intoxication chez les jeunes enfants et chez les personnes âgées: «Ces boîtes de médicaments non utilisées qui traînent à la maison peuvent être prises pour des bonbons par les plus petits mais aussi semer la confusion chez les plus âgés» souligne-t-on chez Cyclamed. Rapporter comprimés, sachets ou sirops entamés chez son pharmacien une fois le traitement terminé reste ainsi le moyen de se prémunir contre ces accidents domestiques.

«En 2013, 14.730 tonnes de MNU ont été collectées par les pharmacies françaises et regroupées par les grossistes répartiteurs avant leur valorisation à des fins énergétiques», se félicite Cyclamed. Soit 3,2 % de plus qu’en 2012, alors même que le «gisement» de MNU stockés par les foyers français serait passé de 23.300 à 19.200 tonnes (-17,6 %) sous l’effet du recul de la consommation de médicaments.