La justice autorise des médecins à tenter de réveiller un patient dans le coma

HOPITAL Les « soins d'éveil ne peuvent pas être qualifiés d'inhumains ou dégradants », estime le tribunal...

avec AFP

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Une chambre d'hôpital
Une chambre d'hôpital — Jean-Sebastien Evrard AFP

Le tribunal administratif de Strasbourg a autorisé mardi les médecins d'un patient plongé dans le coma à tenter de le réveiller, malgré l'opposition de son épouse qui craint une « obstination déraisonnable ». Les « soins d'éveil » envisagés par le service de neurochirurgie du CHU de Strasbourg sur ce patient, plongé dans le coma depuis un grave accident survenu en juillet 2013, « ne peuvent pas être qualifiés d'inhumains ou dégradants », a estimé le tribunal, donnant ainsi tort à l'épouse qui l'avait saisi en urgence.

Dans ce service, le patient pourra bénéficier de soins palliatifs qui ne porteront pas atteinte à sa « dignité », a ajouté le tribunal administratif dans un communiqué. En outre, tenter des « soins d'éveil » ne « remet pas en cause la mise en oeuvre éventuelle » de la loi Leonetti de 2005 sur l'arrêt des traitements visant à un « maintien artificiel » de la vie, fait valoir le tribunal.

La famille divisée

L'équipe médicale a d'ailleurs fait valoir que, « si la situation devait évoluer défavorablement, toutes les options resteraient ouvertes, même un arrêt des soins ». Le 2 avril, le patient a été transféré de l'hôpital de Colmar à celui de Strasbourg car les équipes médicales considèrent qu'il peut être tenté de le réveiller. Elles font valoir qu'une « amélioration notable » de son état « peut être envisagée », puisqu'il répond à certaines stimulations de son environnement et qu'il peut ressentir des émotions.

La famille est divisée. Certains proches du malade, notamment plusieurs de ses frères et soeurs, sont favorables à cette option. Mais d'autres pensent que « la gravité des lésions cérébrales pourrait engendrer un handicap probablement inacceptable pour le malade », selon le tribunal. L'épouse, en particulier, fait valoir que son mari lui avait fait part de sa volonté « de ne pas se trouver confronté un jour à un état grabataire ».