Don de moelle osseuse: «Personne n’est à l’abri de tomber malade»

INTERVIEW Jean-Charles Deval, acteur dans la série «Nos chers voisins», a fait un don de moelle osseuse pour soigner sa sœur…

Propos recueillis par Audrey Chauvet

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Jean-Charles Deval, acteur dans la série
Jean-Charles Deval, acteur dans la série — PDN/SIPA

Atteinte d’un lymphome, un cancer de la moelle osseuse, la sœur de Jean-Charles Deval a été soignée grâce au don de son frère. A 19 ans, le jeune acteur raconte son don de moelle osseuse pour soutenir la semaine de mobilisation organisée par l’Agence nationale de biomédecine.

Comment s’est passé votre don de moelle osseuse?

J’ai fait ce don pour ma sœur en 2006, j’avais 11 ans. Nous avions été prévenus que le faible nombre de donneurs sur le registre ne nous permettrait pas d’en trouver un à temps pour la soigner. Je suis son seul frère et nous étions compatibles, donc ce fut évident pour moi que je donnerais ma moelle osseuse.

Comment se passe le prélèvement?

Ce n’est pas du tout douloureux, on vous le fait sous anesthésie générale. L’opération dure une demi-heure à peine. Ensuite, on peut avoir une sensation comme si on avait pris un petit coup de pied dans le derrière, certaines personnes ont un bleu, mais ce n’est vraiment pas grand chose. J’ai été un peu fatigué pendant deux ou trois jours après, mais on se remet vite.

Quelles ont été les suites de la greffe pour votre sœur?

Il faut déjà bien se souvenir que quand on donne de manière anonyme, on ne peut pas avoir de nouvelles du greffé. Pour ma sœur, c’était différent. Malheureusement pour elle, elle était atteinte d’une maladie très dure et comme toute greffe, c’est assez compliqué et cela provoque des douleurs inimaginables. Néanmoins, la greffe a pris et elle a guéri de son lymphome, mais des complications ont suivi et une pneumonie l’a emporté quelques mois plus tard.

Donner pour un proche est beaucoup plus facile que pour un inconnu…

Le don devrait être quelque chose d’évident: personne n’est à l’abri de tomber malade, or il n’y a qu’une chance sur un million d’être compatible avec quelqu’un qui n’est pas de sa famille. Il faut se dire que si chacun s’inscrit pour les autres, nous avons tous plus de chances de trouver un donneur compatible si nous tombons malades.