Les malades du sang attendent des dons de moelle osseuse

SANTE Seulement 221.000 Français sont inscrits sur le registre de donneurs de moelle osseuse, alors qu’il est très compliqué de trouver des donneurs et des receveurs compatibles…

Audrey Chauvet

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Manifestation pour le don de moelle osseuse en mars 2011 à Paris.
Manifestation pour le don de moelle osseuse en mars 2011 à Paris. — DURAND FLORENCE/SIPA

La principale qualité pour donner de la moelle osseuse: être disponible. Les quelque 18.000 donneurs que l’Agence nationale de biomédecine espère recruter lors de la 9e semaine de mobilisation, du 7 au 12 avril, devront se tenir prêts à recevoir un appel en cas de compatibilité avec un malade, quelques jours, mois, voire années après leur engagement à donner.

Des compatibilités difficiles à trouver

«Le donneur potentiel s’engage à donner sa moelle pour un patient qu’il ne connaîtra jamais. Et il s’engage aussi sans jamais savoir si, un jour, il donnera sa moelle osseuse», explique Marylène Lucand, coordinatrice pour le don de moelle osseuse en Ile-de-France à l’Etablissement français du sang (EFS). La particularité de ce don est en effet de n’être qu’un engagement qui ne sera réalisé que si un receveur compatible a besoin d’une greffe. Il peut s’agir d’une personne atteinte de leucémie ou d’une maladie plus rare du sang, comme l’aplasie médullaire ou l’anémie de Fanconi.

Mais dans tous les cas, il faudra que son «histoire génétique» coïncide avec celle du donneur pour que la greffe ne soit pas rejetée: la probabilité que les systèmes HLA (antigènes d’histocompatibilité humaine) de deux personnes prises au hasard soient compatibles n’est que de une sur un million. Il s’élève à une chance sur quatre entre frères et sœurs, mais c’est le seul lien de parenté qui permette un don de moelle osseuse. «Notre objectif est d’atteindre une taille de 240.000 donneurs, pour donner un maximum de chances aux patients qui, aujourd’hui, n’ont pas de donneur compatible, explique le Dr. Evelyne Marry, directrice du département Prélèvement à l’Agence de la biomédecine. Donc, on souhaiterait diversifier le fichier, «faire appel à des donneurs qui viennent de pays différents, même s’ils résident en France, à des donneurs jeunes…»

Le don en pratique

En pratique, toute personne âgée de 18 à 50 ans et en bonne santé peut donner sa moelle osseuse. Après un entretien médical et une prise de sang, le typage HLA du donneur est réalisé et consigné dans le registre. Si un malade nécessitant une greffe présente un système HLA compatible, le donneur sera appelé et on le prélèvera soit par aphérèse, c’est-à-dire par prélèvement sanguin de cellules souches, soit par ponction de moelle dans les os postérieurs du bassin. Cette solution nécessite une hospitalisation de 48h mais ne présente aucun risque pour le donneur, qui bénéficie d’un suivi médical. «Ce n’est pas du tout douloureux, puisqu’on est sous anesthésie générale, témoigne Jean-Charles Deval, jeune acteur de la série Nos chers voisins qui a donné sa moelle pour soigner sa sœur. Cela dure une demi-heure à peine et on peut sauver une vie.»