Pollution aux particules: Démêler le vrai du faux

POLLUTION L’Ile-de-France a connu ce jeudi un nouvel épisode de pollution avec un dépassement du seuil d’information. «20 Minutes» décrypte pour vous les idées reçues sur les causes de pollution atmosphérique...

Anissa Boumediene

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La Tour Eiffel sous le nuage de pollution du 14 mars 2014
La Tour Eiffel sous le nuage de pollution du 14 mars 2014 — Patrick Kovarik AFP

La pollution est de retour en Ile-de-France. Ce jeudi, le seuil d’information a été dépassé en région parisienne. Toutefois, Jean-Félix Bernard, président d’Airparif, se veut rassurant: «Pour l’instant, on ne prévoit pas de dépassement du seuil d’alerte dans les prochains jours». Mais alors que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a révélé ce mardi qu’un décès sur huit dans le monde aurait été causé par la pollution en 2012, ces chiffres alarmants soulèvent de véritables questions sur les causes de cette pollution aux particules fines et de nombreuses idées reçues marquent les esprits. 20 Minutes fait le tri et démêle le vrai du faux.

Les voitures sont la première source de pollution aux particules fines

FAUX. Les voitures sont une source importante de pollution mais «elles ne représentent que 18 % des émissions de particules fines», précise Jérôme Boutang, président du Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA). «Elles arrivent derrière le secteur résidentiel, qui englobe le chauffage domestique, responsable de 45 % des émissions de particules fines ou encore l’industrie manufacturière (24 %)».

Le diesel pollue davantage que l’essence

VRAI et FAUX. Les véhicules neufs qui roulent au diesel ne polluent aujourd’hui pas plus que ceux qui roulent à l’essence. Les nouvelles normes en vigueur sont plus strictes que jamais et tendent vers une réduction drastique des émissions de polluants atmosphériques. Là où le bât blesse, c’est que le parc automobile est composé de véhicules d’âge différents, et les plus anciens sont de gros pollueurs.

La qualité de l’air n’a jamais été aussi mauvaise

FAUX. Si l’on constate aujourd’hui une multiplication des pics de pollution, c’est en partie parce que les seuils de déclenchement des alertes ont été abaissés. Depuis une dizaine d’années, la qualité de l’air en France s’est stabilisée et même légèrement améliorée. Malgré les idées reçues, on respire mieux aujourd’hui en France qu’il y a vingt ans.

Réduire la vitesse de circulation des véhicules n’a pas d’impact sur la pollution

VRAI et FAUX. Rouler moins vite n’a pas d’incidence en soi sur la pollution. Mais Jérôme Boutang rappelle que «réduire la vitesse de circulation des véhicules permet de fluidifier le trafic. Dès lors, cela réduit l’effet d’accordéon des embouteillages, les voitures cessent d’accélérer et de freiner par à-coups et produisent moins de gaz à effet de serre».

La qualité de l’air est meilleure chez soi que dehors

FAUX. Le niveau de pollution intérieure est très souvent supérieur à la pollution extérieure, et ce même en cas de pic de pollution atmosphérique. Votre intérieur regorge de polluants issus pour la plupart des produits nettoyants et si vous fumez, c’est encore pire. Conséquence: l’air que vous respirez chez vous est davantage pollué qu’au bas de votre rue où guettent les gaz d’échappement. Pour améliorer la qualité de l’air de votre home sweet home, pensez à aérer votre domicile au moins dix minutes chaque jour.