Tout savoir sur les troubles musculo-squelettiques

SANTE Les troubles musculo-squelettiques ont généré 8,5 millions de journées de travail perdues pour les entreprises en 2012...  

Delphine Bancaud

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Les ouvriers des métiers du bâtiment sont souvent victimes de TMS.
Les ouvriers des métiers du bâtiment sont souvent victimes de TMS. — DURAND FLORENCE/SIPA

Des douleurs lancinantes qui peuvent pourrir la vie. Alors que plusieurs agences régionales de santé démarrent ce mercredi une semaine de prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS), 20 Minutes fait le point sur ce fléau.

Qu’appelle-t-on TMS?

Sciatiques, tendinites, syndrome du canal carpien, lombalgies, douleurs au poignet, cervicalgie… Les TMS recouvrent un large éventail de pathologies qui affectent les muscles, les tendons et les nerfs. Ils se traduisent par des douleurs de plus en plus gênantes pouvant conduire, au stade le plus avancé, à une incapacité temporaire ou permanente de travail. Ces affections sont causées par des gestes répétitifs et trop rapides, des positions pénibles et prolongées, le maniement de charges lourdes ou l’utilisation d’un matériel défaillant ou d’outils vibrants… Des situations aggravées lorsqu’elles sont combinées avec un temps de récupération insuffisant ou un stress trop important.

Sont-ils très répandus?

Les TMS représentent 80 % des maladies professionnelles en France. Selon les derniers chiffres de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) qui datent de 2012, 42.000 personnes atteintes de TMS ont été prises en charge par l’assurance maladie cette année-là. Un chiffre en diminution de 2 % par rapport à 2011.

Quels sont les professionnels les plus touchés?

De nombreux secteurs sont affectés par ce fléau: le bâtiment, l’agroalimentaire, le commerce, la grande distribution, la métallurgie… «Il touche les personnes qui mobilisent leur corps au travail ou qui manipulent des outils tous les jours. Il peut s’agir aussi bien de caissières, de caristes, d’ouvriers agricoles, de manutentionnaires…», explique Evelyne Escriva, chargée de mission santé et travail à l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). «Ces pathologies peuvent aussi bien toucher des seniors, exposés pendant longtemps à certaines conditions de travail, que des jeunes qui n’ont pas été formés aux bons gestes dans leur métier», ajoute-t-elle. Fait marquant: les hommes et les femmes ne sont pas sujets aux mêmes symptômes en raison du type de postes qu’ils occupent. «Les premiers sont plus souvent victimes de maux de dos et les secondes de douleurs au poignet», précise Evelyne Escriva.

Quel est leur coût pour les entreprises et la sécurité sociale?

Les TMS ont généré 8,5 millions de journées de travail perdues pour les entreprises en 2012 selon la Cnamts et ont un impact sur leur productivité. Car elles doivent gérer les absences, recruter des remplaçants, éventuellement reclasser des salariés… Sans parler du coût pour la Sécurité sociale, qui serait de l’ordre de 800 millions d’euros pour 2012.

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