Fatigue: Les femmes françaises se sentent moins en forme que les hommes

SANTE Selon un sondage, elles n’attribuent qu’une note de 6/10 à leur santé….

Romain Scotto

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En 2014, les Françaises attribuent une note de 6/10 à leur état de forme
En 2014, les Françaises attribuent une note de 6/10 à leur état de forme — WIDMANN/TPH/SIPA

C’est statistique, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Mais avant de finir définitivement à l’horizontale, elles ont paradoxalement le sentiment d’être en moins bonne forme que les hommes. Le constat est dressé par la fédération française d’éducation physique et de gym volontaire (FFEPGV) qui dévoile le résultat d’un sondage basé sur le «ressenti» et non l’état de santé réel d’un panel de 1.000 Français. Concernant leur forme (physique et mental), les femmes s’attribuent une note de 6/10, quand les hommes plafonnent à 6,4/10.

Pour la présidente de la fédération, cette différence s’explique en partie par la correllation entre pratique sportive et «forme», le sommeil et la nutrition n’étant pas pris en compte dans l’étude. Les femmes étant moins licenciées que les hommes, avec un net décrochage à l’adolescence, celles-ci ressentent logiquement plus la fatigue. «Elles ont des freins qui sont nombreux, note Françoise Sauvageot. Les femmes peuvent moins dégager du temps pour leur pratique physique. Elles ne peuvent donc percevoir les effets bénéfiques de la pratique. La sensation de forme est inférieure à celle des hommes.»

Tâches ménagères et esprit d’initiative

La famille, le travail, passent bien souvent avant le sport, perçu comme une activité plus égoïste. Les femmes seraient aussi moins à l’écoute de leurs propres besoins et auraient moins de temps pour elles, selon Monique Grande, praticienne en approche comportementale. «Elles travaillent de plus en plus et on se rend compte qu’elles ne sont toujours pas déchargées des tâches ménagères. Bien au contraire.» Cette spécialiste des rapports humains évoque aussi les principes de Carl Jung pour justifier ce décalage. D'après elle, dans les représentations traditionnelles de nos sociétés, «une femme est en creux, un homme est en plein. L’homme est l’animus, un principe d’action, la conquête. La femme, c’est le sentir. Les hommes seraient plus enclins à se placer par rapport à leurs objectifs, leur vie sociale».

Au-delà des neurosciences, une explication psychologique est également avancée. Face à la multiplication des messages de prévention, à base de «Mangez-bougez», les femmes sans activité physique auraient tendance à culpabiliser, voire à somatiser, et se sentir moins en forme: «La femme se place en dessous. Elle se met moins en avant, et elle évoque plus facilement la plainte et la fatigue», poursuit Monique Grande. L’étude révèle enfin que les femmes s’installent de plus en plus dans la sédentarité: 46% contre 43% des Français moyens. Sur le trajet maison-boulot, l’enjeu des fédérations étant désormais de leur proposer un petit détour par la case «sport-santé».