La fidèle gastro compte de plus en plus de victimes

à bordeaux, Elsa Provenzano

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L'Aquitaine se place au premier rang des régions touchées par l'épidémie de gastro-entérite. Quelque 743 cas pour 100 000 habitants y ont été détectés durant la dernière semaine de décembre, sachant que le seuil épidémique est fixé à 282 cas pour 100 000 habitants. Treize régions se trouvent également au-dessus dudit seuil. Les régions présentant les taux d'incidence les plus élevés sont la Picardie (736), Midi-Pyrénées (639), le Languedoc-Roussillon (554), la Basse-Normandie (479) et le Limousin (470).

Cette veille sanitaire est assurée par le réseau national Sentinelles, composé de médecins généralistes. «C'est très habituel de voir cette épidémie se déclarer entre la fin décembre et début janvier. Mais normalement, les vacances freinent la propagation (puisque les enfants quittent les structures collectives), et cela n'a pas été le cas cette année», commente Thierry Blanchon, responsable adjoint du réseau et spécialiste en santé publique.

Les fêtes sont, elles, toujours propices au développement du virus, puisque les gens se déplacent davantage et côtoient plus de personnes pendant cette période. «On est au démarrage de l'épidémie, qui va poursuivre sa phase ascendante. Le pic devrait être atteint d'ici une à deux semaines», poursuit Thierry Blanchon.

Au total, une épidémie de gastro-entérite dure en moyenne huit semaines. L'âge moyen des malades est estimé par le réseau à 32 ans pour des patients âgés de 4 mois à 98 ans. «C'est une médiane assez basse. Ce sont surtout des enfants, moins immunisés que les adultes contre les virus hivernaux, qui sont touchés», précise Thierry Blanchon. Robert Naoum, médecin généraliste à Bordeaux, a vu des patients se plaignant de maux de ventre défiler dans son cabinet : «Il y a un peu plus de cas que les autres années et j'ai constaté aussi des formes assez sévères du virus.» Pour prévenir la transmission du virus, il est recommandé de se laver fréquemment les mains. ■