« Nous rembourserons mieux »

Propos recueillis par Céline Boff

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Une manifestation des étudiants en médecine, le 12 novembre à Paris.
Une manifestation des étudiants en médecine, le 12 novembre à Paris. —

«Mutuelle libreassurance santé. » C'est le nom de la nouvelle mutuelle imaginée par une poignée de médecins. Parmi eux : Benjamin Bajer, chirurgien à Paris.

Pourquoi créer une nouvelle mutuelle ?
Notre mouvement « Les médecins ne sont pas des Pigeons » n'a pas reçu le soutien de la population. Les gens sont excédés. Ils paient pour leur Sécurité sociale, leur mutuelle. Et quand ils viennent chez nous, ils paient encore. Pour comprendre pourquoi, nous nous sommes intéressés aux comptes des mutuelles. Ils devaient être rendus publics, mais le gouvernement a accepté que l'opacité se poursuive une année supplémentaire… Quoi qu'il en soit, l'argent prévu pour les soins est là, mais il est dilapidé dans des campagnes de pub.
En quoi allez-vous vous différencier ?
Des mutuelles comme la nôtre, il n'en existe plus. Nous allons réunir tous les professionnels : médecins, opticiens, dentistes, kinés, infirmières libérales, etc. Nous avons lancé à leur attention un appel à souscription – ils peuvent s'engager pour 1 à 10 000 €. Car nous ne voulons pas avoir deux ou trois gros actionnaires. Nous pensons devoir réunir 3 millions d'euros. Nous avons lancé le projet dimanche et nous avions déjà, lundi matin, plus de 500 souscripteurs potentiels… Et notre mutuelle s'adressera à tous les patients, sans exclusion.
Votre mutuelle sera low cost ?
De notre côté, oui ! Les frais de gestion de la Sécurité sociale sont de 5 à 7 %. Ceux des mutuelles, de 20 à 28 %. La nôtre limitera ses frais de gestion à 15 %, ce qui est raisonnable pour nous permettre d'être plus efficace que la Sécurité sociale. De même, nous ne louerons pas des bureaux à 15 000 € le m2. Mais nous ne serons pas low-cost pour les patients. Nous serons dans la gamme de prix actuelle, mais nous rembourserons mieux, car l'argent sera utilisé dans ce seul but.
Quand proposerez-vous

vos premiers contrats ?
Notre dossier devrait être prêt en janvier. Il sera alors soumis à l'Autorité de contrôle prudentiel, le gendarme des assurances. Si on ne nous met pas trop de bâtons dans les roues, nos premiers contrats pourront être proposés entre mars et juin.