Un médicament sur deux inutile, selon un guide

SANTE Bernard Debré et Philippe Even lancent une nouvelle charge contre l'industrie pharmaceutique, «la plus lucrative, la plus cynique, la moins éthique de toutes les industries»...

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Un médicament sur deux est inutile, selon un livre coécrit par les médecins spécialistes Philippe Even, directeur de l'Institut Necker, et Bernard Debré, député UMP de Paris, dont Le Nouvel Observateur révèle jeudi les bonnes feuilles.
Un médicament sur deux est inutile, selon un livre coécrit par les médecins spécialistes Philippe Even, directeur de l'Institut Necker, et Bernard Debré, député UMP de Paris, dont Le Nouvel Observateur révèle jeudi les bonnes feuilles. — Daniel Janin - Bertrand Guay afp.com

Bernard Debré, député UMP de Paris, et Philippe Even, directeur de l'Institut Necker, auteurs en 2011 d'un rapport au vitriol dans l'affaire du Mediator, passent au crible 4.000 médicaments dans «un livre choc» dont le Nouvel Observateur, en kiosque ce jeudi, révèle les bonnes feuilles.

Le Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux est «un livre d'information, pas d'opinion», assure le Pr Even dans une interview vidéo au Nouvel Observateur. L'ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris lance néanmoins une nouvelle charge contre l'industrie pharmaceutique, qualifiée de «la plus lucrative, la plus cynique, la moins éthique de toutes les industries».

«Retirer du marché les médicaments dangereux, inutiles ou inefficaces»

Selon le Pr Even, pour régler le problème du manque d'argent dans le domaine de la santé et du déficit de l'assurance maladie, «il suffit de retirer du marché les médicaments dangereux, inutiles ou inefficaces». Le livre recense ainsi, selon l'hebdomadaire, «50% de médicaments inutiles, 20% de mal tolérés, 5% de "potentiellement très dangereux", mais, incroyable paradoxe, 75% sont remboursés».

Le Pr Even s'en prend tout particulièrement aux statines, les médicaments contre le cholestérol, «avalés par 3 à 5 millions de Français», qui coûtent «à la France 2 milliards d'euros par an» et qu'il juge «complètement inutiles». Le Nouvel Observateur a mis par ailleurs en ligne «la liste noire des médicaments dangereux», qui comprend des médicaments cardiovasculaires, des anti-inflammatoires, des pilules contraceptives, etc.

«Amalgames et approximations»

La fédération professionnelle des industriels du médicament (Leem) a dénoncé de son côté «amalgames et approximations» dans cet «énième réquisitoire de Bernard Debré et Philippe Even». Ce livre «contribue à alarmer inutilement les malades et risque de les conduire à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant adaptés aux maladies dont ils souffrent», a déclaré le Leem, mercredi soir dans un communiqué.

Bernard Debré et Philippe Even s'étaient vu confier par l'ancien président Nicolas Sarkozy une mission suite à l'affaire du Mediator et lui avaient remis en mars 2011 un rapport au vitriol sur la réforme du système du médicament. Les deux professeurs estimaient notamment que l'affaire du Mediator était «beaucoup plus qu'un accident isolé».